‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 48 sur 111 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

sont trouves placés les partis anarchiques qui ont su l’accomplir à leur profit, et qui , après dix-sept années de crimes politiques infructueux, ont vu la longue suite de leurs tentatives d’assassinat, de leurs complots, de leurs séditions, de leurs innombrables émeutes, se dénouer enfin par le bouleversement que leur imagination avait tant rêvé, et qu’ils avaient poursuivi avec une ardeur si opiniâtre. Il faut considérer que ces partis, qui jusque-là avaient dû agir seuls, ou seulement avec l’assistance présumée d’un autre, ont eu cette fois la bonne fortune inespérée de se voir secondés par tous, et non-seulement par le parti légitimiste, toujours fidèle à son ressentiment, toujours acharné à la poursuite de sa vengeance, mais encore, ô crime ! ô pudeur ! par toutes les oppositions dites modérées, qui n’ont su guère se montrer cette fois que plus emportées encore que de coutume, et dont la présence dans cette confusion de partis si odieusement amalgamés , bien qu’elle eût pu être déterminée , dans quelques esprits , par des intentions constitutionnelles et même morales, n’en a pas moins été la véritable cause delà révolution. Il faut considérer aussi avec quelle dextérité inattendue les partis anarchiques ont su profiter de cette circonstance, faire servir l’opposition constitutionnelle à ruiner tous les appuis de la constitution, renverser la dynastie avec le concours effectif de l’opposition dynastique, et ce qu’ils ont déployé, dans les derniers moments surtout, et quand ils ont cru à la possibilité d’un succès, de ruse, de hardiesse, d’activité, de perversité infernale. Il faut songer enfin que, pour combattre ces passions de l’enfer, assistées de toutes celles de la terre, le gouvernement n’a eu devant lui, après avoir

RÉVOLUTION DU 2i FEVRIER.

commencé par se montrer faible, que le relâchement, la tiédeur, la désaffection, la démoralisation, qu’il avait semés, comme je l’ai dit ailleurs, en accordant trop aux passions cupides, en consentant à les satisfaire par des moyens qui n’étaient pas, il s’en faut, toujours dignes d’approbation, et qu’attaqué de tous côtés avec une extrême violence, il ne s’est trouvé avoir dans les mains, au dernier moment, pour résister à toutes ces attaques, que des forces à moitié paralysées.

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