‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 49 sur 111 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

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Nous venons de voir à la faveur de quelles circonstances les partis anarchiques avaient réussi à s’emparer du pouvoir, et par quelle série de ruses, de fourberies, de surprises et de procédés irréguliers de toute espèce, ils s’étaient efforcés tout à la fois de s’en assurer la jouissance et de le bien mettre à leur disposition.

Cependant que voulait au fond toute cette violence, et quel était le régime qu’elle prétendait substituer k celui que la révolution venait d’abolir?

S’il y avait eu l’ombre de sincérité dans les déclarations originaires des hommes par qui la révolution avait été faite, on aurait dà s’en tenir au moins aux usurpations, déjà bien assez hardies et assez nombreuses, que je viens de relater ; et, après avoir, sans aucune participation régu- Kère du pays, qui devait être appelé à décider de tout,

RÉVOLUTION DU 2i FÉVRIER.

décidé de la forme de son gouvernement et de celle des élections d’où devait sortir l’assemblée destinée à la constituer; nprèsavoir toutcombiné commeon l’avait voulu, tout arrange, tout préparé sans le moindre scrupule pour avoir une assemblée précisément comme on la souhaitait, il semble qu’on aurait au moins dû réserver à cette assemblée le soin de remplir sa propre tâche et de faire elle-même ce qu’elle seule pouvait régulièrement accomplir. On n’a pas même eu la discrétion et la patience de l’attendre. Non-seulement on s’est cru permis de toucher immédiatement à tout, nonseulement on a pris l'initiative de réformes très-graves qu’il n’appartenait qu’à elle seule d’opérer; mais, sans savoir dans quelles limites sa sagesse lui prescrirait de renfermer le travail de rénovation qu’elle avait à faire, on a prétendu décider d’avance que ce travail ne serait pas politique seulement et qu’elle aurait h accomplir une révolution sociale; que la situation des classes les moins avancées et les plus nombreuses serait radicalement changée, et qu’on aviserait aux moyens de les placer dans une situation qui, en leur demandant moins d’efforts, leur permit de faire plus rapidement, et en quelque sorte d’improviser leur éducation et leur fortune.

Il faut comprendre comment on avait été amené à concevoir et à formuler de tels projets.

Le gouvernement qui venait d’être détruit avait vu , presque à sa naissance, se dresser contre lui deux redoutables classes de rivaux : celle des fonctionnaires de l’ancien régime, qu’il avait dépossédés pour ainsi dire collectivement et en masse, et celle des ambitieux de nouvelle origine dont il ne lui avait pas été possible de satisfaire les

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