‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 58 sur 111 · LIVRE CllSQUIÉME. m · texte numérisé non relu

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ciés pour une entreprise, etc. Il était surtout convenable, pensait-on, de faire main basse sur les divers ordres de propriétés particulières qui paraissaient le plus susceptibles d’être exploitées en commun et de se prêter à des combinaisons socialistes, sur les banques, par exemple, sur les assurances, les canaux, les mines, les chemins de fer; et l’on avait commencé, sans la moindre vergogne, en s’attaquant d’abord aux chemins de fer et aux banques, à en opérer la dépossession forcée. En attendant qu’on eût fait la fortune des classes au profit de qui , soi-disant , ces spoliations étaient proposées et en partie entreprises , on déclarait l’État obligé de mettre, sous tous les rapports, leur éducation au niveau de celte des classes les plus élevées; et, seulement pour leur instruction primaire, il était immédiatement proposé d’inscrire au budget une somme de plus de 47 millions. En tout cas, et supposé que des misères pussent survivre encore à tant de libéralités, on annonçait qu’il serait fondé dans les départements un certain nombre d’hospices pour les invalides du travail , avec une dotation suffisante pour leur procurer une vie aisée. On parlait encore d’instituer un nouveau système de salles d’asile , où les enfants, qui jusqu’alors n’avaient été qu’instruits et gardés, recevraient le vêtement et la nourriture...

Et la population de Paris , à la vue de ce débordement de projets et de mesures , qui ne tendaient à soulager les classes pauvres que par la dépossession de celles qui avaient, se laissait-elle prendre de quelque effroi et manifestait-elle quelque velléité de résistance, aussitôt une contre-manifestation anarchique venait l’avertir de la témérité de telles démonstrations. En provoquant la dislocation des entre-r

prises particulières et la désertion des ouvriers des établissements qui les occupaient , on ne s’était pas contenté de les faire sortir de ces établissements, on avait eu soin, avonsnous dit, de les réunir dans les ateliers nationaux; et la formation de ces ateliers avait eu pour objet, dès les premiers moments, la déclaration en a été faite par un ancien ministre du gouvernement provisoire dans les bureaux de l'assemblée nationale , de créer une armée qu’on eût constamment sous la main ^ , et dont on pût se servir à tout moment pour l’exécution meme des projets du socialisme. Or, cette armée s’était continuellement accrue. Non seulement il y aflluait sans cesse de nouveaux déserteurs du travail salarié , mais elle s’était recrutée , d’une manière presque ostensible , d’une multitude de malfaiteurs , de rcclusionnaircs, de forçats libérés, accourus, sinon olïiciellement appelés, des departements ; et c’était par l'exhibition de celte force qu’on avait soin de réprimer les velléités de réaction que Paris laissait percer contre la rénovation sociale entreprise. Ce fut notamment par la convocation en masse de cette armée, ou des éléments qui étaient destinés à la former bientôt, qu’il fut répondu le 17 mars à la démonstration que la garde nationale avait faite la veille; l’homme qui remplissait alors les fonctions de préfet de police a dû avouer depuis qu’il avait concouru à cette convocation , et les membres du gouvernement provisoire qui haranguèrent les ouvriers, sur la place de l’hùtel de ville ,

> Voir, dans les Débaii du 16 juin 1848, des réflexions de ce journal sur ce qui s'est passé dans les bureaux de l'assemblée nationale, à l'occasion d'un projet de décret lemiaiit à accorder au gouvcrncnicnl 3 millions pour les ateliers nationaux.

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