‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 79 sur 111 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

d’avoir étendu la liberté dont il s’agit ici, n’a fait que la restreindre, et c’est à quoi elle a travaillé, notamment par les décrets qui ont prétendu limiter les heures de travail, par ceux qui ont aboli le marchandage, et même par l’article de la constitution qui est venu ajouter au bienfait de la liberté l’équivoque secours de l’assistance publique, déjà établie sous des formes variées, et qui a même joint à ce secours tout un attirail d’expédients socialistes, destinés, soi-disant, à favoriser, à encourager le travail, et qui auront pour effet bien plutôt d’en rendre le développement plus irrégulier et plus diflicile.

S’il n’a réellement été rien fait pour la liberté de l'industrie, encore moins a-t-on songé à celle du commercb, surtout du commerce entre individus de pays différents, et cette liberté qui, sous le nom de libre ècuaingk, préoccupait, depuis plusieurs années , tant d’esprits éclairés et tenait une place si étendue dans les débats de la presse et même de la tribune, a cessé complètement d’attirer l’attention, et a vu scs espérances tellement ajournées que les auteurs de la constitution nouvelle se sont crus dispensés, non-seulement de la proclamer, mais même d’en rien dire, et n’ont pas inséré dans les articles qui consacrent les droits publics du pays un seul mot dont il pût se prévaloir un jour pour la revendiquer, rien qui permit aux consommateurs d’espérer qu’il leur dût jamais être permis d’aller se pourvoir pour leur argent là où ils le jugeraient le plus convenable. Tout ce qu’a su faire la révolution pour la liberté qui nous occupe a été d'encourager l'exportation de certains produits par des primes, dont le seul effet a été de provoquer au dehors des aggravations de tarifs sur les

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objets primés par nous, et de faire entrer une partie des ressources de notre fisc dans les coffres des trésoreries étrangères.

La LIBERTÉ DE LA PRESSE, que la cliarte républicaine mêle assez singulièrement au droit de pétition et d’association, est garantie contre la censure, à laquelle, elle ne pourra être soumise en aucun cas. C’est une disposition digne d’éloges, mais qui n’a rien de nouveau ; elle remonte à 1830, et c’est sous la monarchie constitutionnelle que notre pays a pris possession du droit de publier ses idées sans les soumettre préalablement h aucun contrôle. Il est vrai qu’au mérite de maintenir l’interdiction de la censure, la révolution de février a joint celui d’affranchir la presse de l’impôt du timbre et presque de la charge du cautionnement; mais quand ces concessions, faites assez mal, et qui paraissaient ne devoir être que temporaires, seraient destinées à se compléter et à se perpétuer, elles ne compenseraient peutêtre pas la disposition de loi fâcheuse qui a prétendu faire un délit de la mise en discussion de certains principes trèssusceptibles pourtant d’être contestés, et je doute fort qu’en présence d’une telle disposition et du droit qu’il a fallu s’arroger durant plusieurs mois de suspendre arbitrairement les journaux, il soit possible de dire que la révolution* a contribué à affermir et à perfectionner la liberté de la presse. Mais poursuivons.

La constitution déclare I’enseignehent libre. Autant en avait fait, il y a dix-huit ans passés, la dernière monarchie. Donc, à cet égard, rien de gagné encore. Reste à savoir s’il n’y a non plus rien de perdu, et si la question est demeurée intacte, si la nouvelle charte, en décrétant d’avance, par

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