‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 96 sur 111 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

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plus agités de son règne, et surtout dans les moments critiques, et malheureusement si nombreux, où sa vie a été directement attaquée? Qui oserait lui faire un crime de n’avoir pas voulu conserver son pouvoir à la condition de le rendre odieux, et qui niera que s’il eût consenti à éteindre dans le sang, quelque insensée et quelque criminelle qu’elle pût être, cette insurrection h laquelle une partie beaucoup trop nombreuse de la population parisienne avait l’inconcevable folie de s’associer, on ne se fût servi de ce fait pour flétrir les dernières années de sa vie et vouer son nom à l’exécration publique ? Que signifient encore ces incroyables reproches d’avarice, qu’on joint avec tant de justesse et d’à-propos au reproche de faiblesse? Quelle maison royale a plus donne que la maison d’Orléans? Et que peut-on dire de l’avarice du roi qui ne rappelle que, pendant dix-sept ans, il a appliqué sa liste civile presque entière et les revenus si considérables de son domaine privé à des usages d’un intérêt presque exclusivement public, à restaurer et à décorer des monuments nationaux d’un haut intérêt pour l’art et pour l’histoire, à prodiguer les encouragements aux beaux-arts, à doter nos musées de collections précieuses, à défrayer les nombreux voyages qu’imposaient h ses fils des intérêts de service ou les devoirs de leur situation, à distribuer des secours innombrables, à recevoir, à amuser toute la société de Paris? qu’il n’a pas employé moins de soixante millions à restaurer des palais qui étaient des propriétés nationales? qu’il n’a pas distribué, dans le cours de son règne, moins de vingt-cinq millions en secours? que, non content d’appliquer à ces généreux usages la presque totalité de scs revenus, il y a consacré,

en définitive, une portion considérable du fonds composant sa fortune personnelle? qu ayant laissé, à la suite d’une administration si libérale, il faudrait dire si prodigue, plus de trente-deux millions de dettes, il a voulu qu’elles fussent intégralement payées sur scs biens patrimoniaux? que ses fils y ont engagé solidairement leur fortune? que ses bellesfilles ont exigé que leur dot n’y fût point épargnée?... Voilà pourtant les monuments de l’avarice royale ! Lecteurs honnêtes, qu’en pensez-vous? et comment vous paraît-il que ces faits, dont j’abrège et affaiblis malheureusement l’expression, justifient la situation que nous avons faite à la noble et populaire royauté de 1830? Mais peut-être cette situation est-elle mieux expliquée par la corruption politique également reprochée au roi ? La corruption du roi ! comme si la corruption du pays était descendue du trône ! comme si cette corruption n’était pas partout ! comme si les diverses oppositions n’étaient pas les premières à en donner l’exemple ! comme s’il était jamais arrivé à aucune d’elles de combattre une tendance vicieuse des collèges électoraux, au risque de compromettre leur popularité! Mais qui ne sait que nous ne sommes jamais pour rien dans les travers publics, généraux, et bien et dûment nationaux auxquels, sans le vouloir et quelquefois sans le savoir, nos gouvernements obéissent? Ce n’était pas le pays qui était corrompu, c’était le roi. Le roi était le bouc émissaire sur la tête de qui on prétendait accumuler toutes les iniquités d’Israël, àlessieurs, sachez-le bien, ces iniquités étaient les nôtres. Ce que vous appelez la corruption du roi n’était que la corruption publique. Vous dites que le roi était corrompu ! Je dis qu’il l’était dix fois moins que la corruption

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