Jourdier, Chardon et Gigonzac
Le samedi 1 5 juin étaitfoireàMende. Pour « édifier » le public des marchands et des gardes nationaux étrangers, on réédita le coup de Florac avec des personnages moins nombreux, mais plus impressionnants ; puis- ■que, dans ce pays religieux, pour la première fpis, des prêtres allaient monter sur l'échafaud.
1, Anch. Lozère, -L 134. Expéditions manuscrites des jugeniets. » L 592. Contre .Jean Frani^ois Jacques et Jean
Vidal pour complicité avec Charrier.
» L 593. Cunire cinquante et un complices de
Charrier etc.
Arch. Gard, ILS 81. Rapport des citoyens Roquier et Bousquet. Arch. com. Mende D. Délihcrations municipales, 13 juin 1793. Arch. Evêché de Mende. Conférences de 1852 : La Malène et
Laval.
Aulard. op. cit. V, p. 307. Lettre de Chàteauneul-Randon à la Convention. Marvejols, 19 juillet 1793. Abbé Ach. Foulquier. Notes biosiraphiqucs sur le cleryé de la Lozère I, p. 202 etc.
LA REVOLUTION EN LOZERE 4l5
Gratien Jourdier, originaire du village de Coursac {Ave3Ton) et chanoine de Lorette près Sévérac, se réfugia dans la paroisse d'Inos, en Lozère, et fut pris vers le 4 Juin 1798 avec l'archidiacre Vors, dans un bois près du Massegros, couchés sur un matelas. On les conduisit à Mende, où, le 12 juin, furent transférés de Florac les abbés Chardon, Gigonzac et Mouret K
Jean Antoine Chardon, de La Rochette-Chaille c"^' de Pierrefiche, était vicaire d'Arzenc-de-Randon. Vers la fin mai, il venait d'administrer un malade au Giraldès, quand on l'avertit de l'arrivée des gendarmes ; il prit aussitôt la fuite ; mais, atteint à la sortie du village, il fut emmené à Châteauneuf-de-Randon. Le maréchal des logis Noyer, à qui vainement on l'avait déjà dénoncé plusieurs fois et qui ne s'était décidé à l'arrêter que par ce qu'on le menaçait de le dénoncer lui-même, eut soin, en le mettant en prison de ne pas fermer à clef et lui fit dire secrètement de s'enfuir pendant la nuit; mais le généreux captif refusa, disant que ce serait compromettre le brigadier et qu'il préférait mourir que Lui causer pareil désagrément. Il fut écroué à Mende, le 26 mai 1793.
Quant à l'abbé Gigonzac, son histoire est très complètement résumée par une courte notice biographique et par des témoignages contemporains.
« Pierre Gigonzac, écrit l'abbé Rieusset, son condisciple et son ami, naquit à Belviala, paroisse de Grandrieu, et passa toute sa jeunesse occupé aux travaux de la campagne et au métier de tisserand. A l'âge de vingt-huit ans, il conçut le dessein de se faire prêtre et au bout de dixhuit mois d'étude, il sut assez de latin pour entrer en philo-