‹ La révolution en LozèreChapitre 104 sur 191 · Arch. Lozère, L G08. Contre André Fournier · texte numérisé non relu

Arch. Lozère, L G08. Contre André Fournier

Arcliives Greffe du tribunal de Mende. Etat des elîets remis au

district.

Arch. Evéché de Mende. Conférences de 1852, lettre de l'abbé

Vcrnhet. petit-neveu d'André Fournier.

Abbé- Fourcher, Le clevqé do la Lozère pendaiit la Révoliitiour-

lIp. ÎOO.

-arrêté près de la barraque de Lieudet, commune d'Altier, par Chalbos, officier de la garde nationale, et conduit devant Chas, juge de paix du canton de Cubières.

Il exhiba un passeport au nom de « Jean Avinens, propriétaire foncier de Saint-Chély-du-Tarn, homme de probité et bon patriote, taille de cinq pieds quatre pouces (i'"72), figure pleine, nez gros, cheveux noirs et yeux bleus. » Mais ce passeport parut facilement suspect, parce qu'il était sans cachet officiel et que tout y paraissait être de la même écriture : acte, signatures des officiers municipaux et visa du district. Bref, le voyageur fut arrêté et envo3^é au juge de paix de Villefort, qui le renvoya au président du tribunal criminel.

Interrogé, il avoua que « son passeport n'était qu'un être de raison », fabriqué par lui pour la commodité de son voyage, qu'il était Jean Lasuttes, âgé de trente-deux ans, né à Arzillier, district de Lodève, médecin à Montpellier, où il avait habité dès sa plus tendre enfance, et qu'il avait fui cette ville, depuis un an et demi, à cause d'une motion qu'il avait faite à la municipalité, contre l'établissement illégal, qui s'y était formé, d'un pouvoir exécutif; réfugié à Villefort, il y avait exercé neuf mois sa profession de médecin et en était sorti, comme tous les autres étrangers, par ordre de la municipalité ; puis, après huit mois de séjour dans son pays d'origine, il était revenu, au mois d'avril de cette année, dans les montagnes d'Altier, où il errait, « nourri par des personnes allant au bois, qui lui procuraient du pain et du fromage, en payant. »

Ce qu'il n'avoua pas, c'est qu'il avait été un des chefs du combat de Rieutort-de-Randon, où il avait

dû recevoir la blessure qui lui faisait porter son bras en écharpe, à moins que ce ne fût au combat de Chanac. Rainené en prison et sentant rôder la mort toute proche, il essaja de la fuir, en adressant « aux citoyens juges et administrateurs du tribunal criminel » une requête, où « suppliait humblement le citoyen Jean Lasuttes, disant que, n'ayant pas trempé dans la trame ourdie par le traître Charrier ni assisté à sa horde, il demandait d'être transféré dans le département de l'Ardèche, attendu qu'il y avait été rendu contre lui un jugement par contumace, ce qu'il avait appris dans son interrogatoire. »

Mais le président Guyot, au lieu de l'envoyer en Ardèche, l'envoya tout près, place d'Angiran, où il fut guillotiné le 20 juin 1793 K

Page 1