‹ La révolution en LozèreChapitre 130 sur 191 · L'abbé Hillaire · texte numérisé non relu

L'abbé Hillaire

Le 23 messidor — 1 1 juillet 1794, deux hommes causaient tranquillement dans une chambre du village de Chazaux, près Belvezet, quand tout à coup une troupe à cheval, suivie de chiens, envahit la cour de la maison,enfonça la porte de l'écurie, fouilla les appartements et mit enfin la main sur celui qu'on cherchait.

L'abbé Jean-Baptiste Hillaire, né au village de Surgeyres, près Langogne, et curé réfractaire de Saint- Frézal-d'Albuges, s'était réfugié à Chazaux, chez Buisson, ci-devant fermier des tailles du roi. Mais un jour qu'il avait mis la tête à la fenêtre, pour respirer un peu l'air pur de la campagne en ce beau mois de messidor, il fut aperçu par un de ses paroissiens et dénoncé aussitôt au district de Villefort.

Vu ses 7 1 ans et ses infirmités, il fut conduit à Mende sur un char à bœufs. Nous n'avons plus sa procédure aux archives ; mais une réponse de lui a été conservée grâce à une polémique. Au président, qui lui demandait pourquoi il n'avait pas prêté le serment, il répondit: « Parce qu'on ne me l'a pas demandé. » C'était une -défaite : la loi l'avait demandé et il ne l'avait pas donné.

Jugé à mort le 24 messidor an II, le même jour que l'abbé Arnal, ils se séparèrent à Mende, pour aller

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