Société populaire de Mcyrueis, 17 floréal an II
« Un membre a observé que l'arti;Ie 15 du décret de la Convention nationale des 27 et 28 germinal, sur la police générale de la république, excluait tous les ci-devant nobles des Sociétés populaires, l'^lorit, agent national, a pris la parole et a dit qu'il avait eu le malheur de naître dans cette caste ci-devant privilégiée ; que c'était avec regret qu'il se voyait dans le cas d'être exclu d'une Société qu'il alTectionnait ; mais puisque la loi avait prononcé, il se soumettait avec empressement. »
La salle était ornée des bustes de Marat, Chalier, Lepelletier et Brutus, envoyés de Paris par le conventionnel Servière ; on y ajouta Voltaire, Rousseau -€t Franklin. A gauche du président, étaient placés les « frères », couverts du bonnet de la Liberté, à droite les auditeurs, et les femmes, en face du bureau '.
Le 23 novembre 1793, « la Société chargea deux de ses membres de demander en son nom, au commandant de la force armée, deux sentinelles, pour maintenir le bon ordre et arrêter les personnes qui, sous le prétexte d'assister à ses séances, ne venaient que pour l'empêcher de <iélibérer tranquillement et de veiller au salut de la chose publique. » Les sentinelles furent obtenues.
La séance commençait d'ordinaire par « un cantique
républicain » : la Marseillaise ou Veillons ausalutde
Vempire, chanté généralement par quelque jeune
-citoyenne. L'une d'entre elles un jour refusa, malgré
les instances de deux membres affirmant qu'elle chan-
i:ait bien, et le président prononça la censure contre
-elle. On chantait aussi quelquefois en cours de
;séance. Tantôt c'est « un sans-culotte, qui chante
^eux hymnes en l'honneur de la Raison et de la
Gamelle » ; tantôt c'est Tarteron, le poète de la