Arch. coni. Aumont. Délibérations aaunicipalcs
- ' « Lie's vieillards qui vivent encore, écrit à ce sujet l'abbé Portai, curé d'Aumont en i852, et qui furent présents à cette rétractation si solennelle, disent que M. Dalmas fut extraordinairement pathétique. «J'avais abandonné mon Dieu et ma religion, s'écria-t-il, mais je déplore mon égarement dans l'amertume de mon cœur ;■ et vous, chers paroissiens, pardonnez-moi le scandale que je vous ai donné. » L'auditoire lui répondit par des larmes de joie, des félicitations et même des embrassements ' .
■ Cependant Nogaret avait quitté La Canourgue -<( subitement et à la dérobée », pour déjouer peut-être les plans d'intimidation ou plus sûrement pour éviter sur sa route des réceptions « à la Chirac ». Avec l'autorisation de Roux, son métropolitain des Côtes-de- Îa-Méditerranée, il fut sacré k Paris, au mois de mai, par Gobèl, assisté de Jacob, évêque des Côtes-du- !Nord, 'et de Grégoire, évêque du Loir-et-Cher. Sans njodestie,'il prit pour devise dans ses armes l'adage Voa^ populi, vox Dei, et signa une lettre pastorale écrite peut-être par un avocat, s'il faut ajouter foi à ,une rrote manuscrite, que semble confirmer le ton injuste et voltairien de passages tels que celui-ci :
«Cette scission des pasteurs a suscité des ennemis à ?notre Constitution. Ils ont espéré relever l'effroyable et âmmôral colosse de ce clergé, qui réunissait à la pompela plus insultante la bassesse la plus honteuse, à l'orgueil des potentats l'avilissement des vagabonds ; qui s'arrogeait insolemment le titre de souverain et ne rougissait pas de. celui de mendiant, quand il pouvait convenir a fies fins... Est-il besoin de vous démontrer qu'à l'exception *d'un petit nombre de prélats simples et vertueux, qui
i. Artfi.iEvèché de Menile. idiirri-encos di' 18J'2, Aumoiit.
chérissaient leurs devoirs, le soin du troupeau était abandonné à des pasteurs mercenaires et lâches, qui, par corruption ou ignorance, laissaient périr les brebis confiées à leur soin 1. »
Sans doute, tout n'était pas au mieux dans l'ancien xlergé de France, mais il ne seyait à personne, fût-il .ennemi ; encore moins à un évéque, fùt-il constitu- .tionnel, de parler ainsi d'évèques et de prêtres, qui, à cette heure même, quittaient héroïquement pour .leur troupeau richesses, honneurs, palais et presbytère, en attendant la pauvreté, le mépris, l'exil, les cavernes, la prison et peut-être, au bout de la perspective, les bras sinistres de l'échafaud.
Sauf quelques patriotes exaltés, tous. en Lozère, clergé et fidèles, accueillirent cette pastorale d'un nouveau st3le avec le plus parfait mépris. Le Bref du pape, les instructions de l'évêque, le Prône cVun bon .curé a ses paroissiens, le Ca.théchisine pour le peuple sur l'Eglise et autres brochures de ce genre, avaient fixé la population religieuse de nos montagnes sur l'orthodoxie dé la Constitution civile du Clergé et sur l'autorité des nouveaux pasteurs.
Après le départ de Nogaret pour Paris, « Mgr de Castellane, qui jusque-là n'avait pas voulu sortir de Chanac, sa campagne, vint à Mende, dit Châteauneuf- Randon, pour y faire ses fonctions épiscopales, et loua la moitié de la maison où siégeait le directoire au département ; il établit quarante grands vicaires, répartis sur la surface du diocèse, à l'effet d'empêcher aucune prestation de serment et remplacement. Les curés prêchaient contre les décrets de l'Assemblée