‹ La révolution en LozèreChapitre 44 sur 191 · Abbé Fourcher, op. cit. III. p · texte numérisé non relu

Abbé Fourcher, op. cit. III. p

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nationale et refusaient nettement l'absolution aux acquéreurs de biens nationaux '. »

L'abbé de Siran lança une Instruction familièrefhistorique et polémique sur le schisme ou l'intrusion et annonça au prône, à Saint-Jean-Chazorne, que la dîme lui était due et qu'on la lui paierait bientôt ; que les acquéreurs de ses biens du prieuré de Prévenchères les lui rendraient aussi sous peu ; que la contrerévolution ne tarderait pas et que les prêtres assermentés étaient des loups-garous, qui- entraient dans la bergerie, pour égorger le troupeau -. » Robert, prieur de Puylaurent, disait ouvertement « qu'il ne fallait pas prêter le serment ni entendre la messe des intrus; que tous ceux qui y allaient étaient excommuniés ; qu'il ne fallait recevoir d'eux l'absolution qu'en cas de mort et ne pas parler aux acquéreurs de biens nationaux. »

Le vendredi saint, l'abbé Barthélémy Cavalier, curé de Banassac, fit jurer à ses paroissiens sur le crucifix de ne reconnaître que Mgr de Castellane pour évêque. Le 28 juin, le directoire départemental reçut une délégation du canton de La Canourgue, conduite par l'abbé Laurent, curé assermenté de Saint-FrézaI, « se plaignant que le même curé de Banassac se permettait journellement les propos et les prédications les plus incendiaires, tant contre la Constitution que contre les fonctionnaires publics, les représentant comme inhabiles à remplir leurs fonctions, cherchant à persuader que son église était la seule orthodoxe, publiant la Bulle dans son église paroissiale et dans la succursale de La Tieule, et disant publiquement

1. Aroh. naf.,F7 3681 13. Châtcauneuf-Randon à de Lessart, 1791. 1. Arc.h. nat.,F7 3681 14. Enquête de lîancilhon et Serviére, 19 Juillet 1792 ; déposition du maire de Saint-Jean-Chazorne.

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que l'Assemblée nationale avait anéanti cinq sacrements et n'avait conservé que le baptême et le mariage', »

Au cours d'une procédure ouverte un an plus tard contre lui, l'abbé Cavalier avoua avoir dit « que la Constitution civile du Clergé était un amas d'hérésies, et que malgré elle, Mgr de Castellane était le véritable évêque du département, et lui, le véritable curé de Banassac. Dans mes instructions, dit-il, j'ai parlé contre le serment ; j'ai dit à mes paroissiens que je ne cro3'ais pas que la messe des prêtres assermentés pût être entendue ; qu'il viendrait un curé pour me remplacer : que ceux qui seraient portés par leur conscience à entendre sa messe pourraient le faire ; que ceux qui croiraient faire mal d'y assister pourraient venir entendre la mienne, quand je serais aux environs. »

Le témoin Fourcade déposa que le curé avait dit au catéchisme, dans l'église, qu'il « ne fallait pas aller à la messe des prêtres jureurs et qu'il valait mieux ne pas en entendre ; que si on envoyait à Banassac un prêtre conformiste, ils ne devaient point assister à sa messe, mais cependant le recevoir, ne point faire du bruit et ne pas l'insulter. Fourcade, en sa qualité de procureur de la commune, parla plusieurs fois de la Constitution au curé; celui-ci dit toujours qu'il fallait prêter la plus parfaite soumission à la loi, et un jour que les administrateurs du district de Marvejols avaient demandé un détachement de la garde nationale de Banassac, le curé recommanda à ceux qui allaient le trouver d'obéir à l'invitation. »

Tous les témoignages corroborent celui-là. <c Le

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