Arch. nat., V7 3G81 13. Rapport de Châteauneuf-Randon
2. Arch. nat., DXL 12. La lettre du Jacobin, (jui prélude ainsi â la création du tribunal révolutionnaire, est bien du 28 juin 1792, mais le témoignage, qu'elle contient de la situation à cette date, est vrai ])our les années 1791 et 1790.
3. Arch. Lozère, F Carton Noyant. Compte-rendu au Roi, « J'adressai à tous mes collègues, présidents des départements du royaume, une circulaire, pour les inviter à adhérer à cet arrêté. M. de Ronald, président de l'Aveyron, et (;inq autres eurent le courage de s'y rendre. L'arrêté et la circulaire furent mis .sous les yeux de Sa Majesté Louis XVL qui daigna m'en faire témoigner sa satisfaction par son ministre M. de Lessart. »
LA RÉVOLUTION EN LOZERE l3^
Chassagne, Ferrand et Cayla, « agents, commensaux^ ou débiteurs de Mgr de Castellane », Bonnel, frère d'un grand vicaire, et Bonnet-Ladevèze, qui refusa comme No3'ant de concourir à l'élection de l'évêque constitutionnel ; enfin à la charge principale de procureur général S3mdic, Rivière, ci-devant lieutenant au bailliage épiscopal.
Rivière * votait à Versailles avec la droite, et en faisait juste assez, à Mende, pour mettre sa responsabilité à couvert, tout en favorisant en secret les aristocrates, ses amis ; fermant les yeux, quand on brûla Nogaret en effigie, et refusant de recevoir la plainte ; puis quand Guillaume Laurent Charrier, frère du député, fut compromis dans la réception que Chirac fit à l'évêque constitutionnel, laissant dans sa poche le procès-verbal accusateur -.
Il était bien secondé par le maire de Mende et par le commandant de la garde nationale. Le premier, Alexandre-Claude-Joseph Jourdan, (taille mo3'enne, gros, figure pleine et jolie à menton double, portant perruque, à la démarche délibérée et affectée), avocat au Parlement de Toulouse et « aspirant à la noblesse », suivant le mot de Châteauneuf-Randon, commençait à allonger le nom de son père du nom de son château de Combettes, commune de Ribennes.
Le second, Vital-Auguste de Borel de Chanolhet, aîné d'une nombreuse famille, qui était propriétaire du château de La Grange, (c"'' de Servières), ancien
1. Joseph-François Rivière, né à Pradeiies. lieutenant-général au bailliag^e de Gévaudan, député en 178!), procureur général syndic du département en 1791, émigré auprès des princes, puis juge au tribunal de 1" instance de Mende et président de celui de Marvejols, mourut <à Mende, le 31 juillet 18'24, âgé de 84 ans, dans sa maison du 8oubeyran,situéeenface l'hôtel des postes et télégraphes.
2. Arch. nat.,F7 3681 13. Trente-(|uatre observations de Châteauneuf-Randon à Cahier, 7 mars 1792.
» DXL 12. Procès-verbal du département contre Rivière.
l36 LA QUESTION DES TROUPES DE LIGNE
page du roi, garde du corps et capitaine breveté de ■cavalerie, avec ses quarante ans, sa haute taille — i"'83, — un nez d'aigle au milieu d'un long visage brun, un menton large et volontaire, une démarche hardie et assurée, Borcl avait une belle tournure de conspirateur militaire '. Il était fier de la confiance des princes, qui l'avaient autorisé à contracter unemprunt en leur nom '-. Par surcroît, en 1789, il avait plaidé à plusieurs reprises la cause des pauvres de Mende, en se plaignant d'abord que, vu le nombre toujours croissant des prisonniers, « le pain du roi », devenu insuffisant, était remplacé par des repas que fournissait la charité et dont étaient privés les nécessiteux de la ville ; en faisant adopter ensuite par le conseil municipal un mémoire sur les moyens de diminuer la mendicité et de procurer aux véritables pauvres des aumônes proportionnées à leurs besoins. Enfin il avait donné des preuves de civisme en achetant des biens nationaux, probablement pour les remettre un jour à leurs premiers propriétaires, et avait ainsi gagné la confiance du peuple et le commandement de la garde nationale 3.
Rivière, Jourdan-Combettes et Borel formaient ainsi, à Mende, un puissant triumvirat de contrerévolution, qui tenait, par les curés, les paysans transformés en gardes nationaux, et allait conquérir les hauts grades de la gendarmerie, aj'^ant déjà pour ■eux le lieutenant-colonel Jossinet.
1. Arch. Lozère, L 131. Siirnaleinent des personnes décrétées 4'accusation, le 28 mars 171C2. Il y a cependant désaocoi'd entre l'air doux de son portrait et la hardiesse de sa vie.