Vous savez pour quel objet nous sommes réunis
Un vieux poète de l’antiquité mettait dansla bouche d’un homme du peuple cette parole : rien de ce qui est^humain ne m’est étranger. Cette parole-là, si elle n’avait pas été écrite il y a deux mille ans, pour un homme du peuple, la démocratie française aurait pu se l’approprier. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger.
Et cela seul suffirait à expliquer l’affluence considérable d’auditeurs désireux d’entendre ce soir parler d’une des plus grandes, d’une des plus formidables tragédies dont l’humanité puisse nous donner le spectacle. Vous êtes venus pour en entendre parler, vous êtes venus pour vous ^n instruire, vous êtes venus pour vous faire par vousmêmes une opinion, et l’homme à qui vous avez demandé d’être pour vous ce soir le professeur, l’historien, et en quelque mesure le théoricien et le prophète de la révolution russe, c’est Camille Pelletan, c’est vous dire que vous avez un bon maître et un guide sûr. (Applaudissements.)
Citoyens, les organisateurs de cette réunion m’ont fait le très grand honneur de m’appeler à la présider.
Cette présidence est une sinécure. Je me hâte de la déposer et de donner la parole à celui que vous venez entendre. La parole est au citoyen Camille Pelletan. {Vifs applaudissements.)
Discours de Camille PELLETAN