‹ La révolution et l'égliseChapitre 11 sur 92 · Esprit des lois^ liv. XXV, ch. xii · texte numérisé non relu

Esprit des lois^ liv. XXV, ch. xii

LES PHILOSOPHES ET LA SEPARATIOiN 5

chaleur lait mourir le bétail qui disparaîtrait, n'était la loi religieuse qui le conserve ^ «Athènes avait dans son sein une multitude innombrable de peuples; son territoire était stérile, ce fut une maxime religieuse que ceux qui offraient aux dieux de certains petits présents les honoraient plus que ceux qui immolaient des bœufs ^. »

A part ces différences, qui tiennent au pays où elles sont nées, toutes les religions se valent ou à peu près pour Montesquieu. Leur efficacité morale et sociale est équivalente, car il ne doute pas de cette efficacité, il en doute si peu qu'il réfute longuement le paradoxe de Bayle, qui avait prétendu prouver, dans ses Pensées sur la Comète, « qu'il valait mieux être athée qu'idolâtre, c'est-à-dire, en d'autres termes, qu'il est moins dangereux de n'avoir point du tout de religion que d'en avoir une mauvaise ». (( C'est mal raisonner contre la religion, dit Montesquieu, de rassembler dans un grand ouvrage une longue énumération des maux qu'elle a produits, si l'on ne fait de même celle des biens qu'elle a faits. Si je voulais raconter tous les maux qu'ont produits dans le monde les lois civiles, la monarchie, le gouvernement répubhcain, je dirais des choses effroyables ^ » « La religion même fausse, ajoute-t-il encore, est le meilleur garant que les hommes puissent avoir de la probité des hommes*. » L'utilité de la religion, même mensongère, réside dans ce fait

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