‹ La révolution et l'égliseChapitre 17 sur 92 · A. Keim, p · texte numérisé non relu

A. Keim, p

2. Etrépigny, dép. des Ardennes, arr. de Mézières, cant. Flize.

3. Le bon sens da curé Meslier, éd. Drevet, Gorbeil, 1898, p. 38.

sition absurde Texistence de Tâme humaine, de supposition plus absurde encore l'existence d'une âme immortelle. Il fait de la morale chrétienne une critique formidable. 11 conteste, avec des arguments très forts, cette prétendue vertu sociale des religions, tant vantée par Voltaire et par Montesquieu : « Les caresses d'une femme l'emportent tous les jours sur les menaces du Très-Haut. Une plaisanterie, un ridicule, un bon mot font plus d'impression surThomme du monde que toutes les notions graves de la religion, etc ^ » Vous dites que la rehgion est bonne pour le peuple, pourquoi donc ce peuple est-il donc si vicieux et si dépravé?

Et pourtant, ce rude destructeur d'idoles est singulièrement timide et réservé dans ses conclusions pratiques. Ce plébéien ne croit pas ses vérités utiles à dire aux siens : « On demandera peut-être si l'athéisme raisonné peut convenir à la multitude. Je réponds que tout système qui demande delà discussion n'est pas fait pour la multitude... Les arguments d'un athée ne sont pas plus faits pour le vulgaire, qui jamais ne raisonne, que les systèmes d'un physicien^ les observations d'un astronome, les expériences d'un chimiste, les calculs d'un géomètre, les recherches d'un médecin, les dessins d'un architecte, les plaidoyers d'un avocat, qui tous travaillent pour le peuple à son insu... Ce serait une entreprise folle que d'écrire pour le vulgaire, que de prétendre tout d'un coup le guérir de ses préjugés. On n'écrit que pour ceux qui lisent et qui raisonnent ^ » A la

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