‹ La révolution et l'égliseChapitre 16 sur 92 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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celte absorption. 11 distinguait, en attendant, la religion du Christ, douce et tolérante, dont il consentait à s'accommoder, de la religion des prêtres qu'il flétrissait comme une entreprise de discorde et de sang'.

De tous les philosophes du xviii* siècle, l'un des plus originaux et des plus hardis, quoique des moins connus, est Jean Meslier, curé d'Étrépigny en Champagne-, qui mourut en 1733 laissant un Testament^ dont Voltaire édita en 1762 les extraits les plus saillants. Le Testament de Jean Meslier est, à sa date, un livre d'une audace elTrayante. C'est certainement le plus parfait manuel de l'athéisme qui ait jamais été écrit. Une passion contenue, une résignation hautaine et désenchantée animent sa logique terrible et lui donnent comme une beauté farouche. Ici, plus de ménagements ni d'ornements superflus. L'auteur est près du peuple. Il n'a pas fréquenté les salons élégants. Il dit la vérité toute crue.

Eh bien! j'ai cherché dans ce livre, l'un des plus impressionnants du siècle et de tous les siècles, une trace quelconque de l'idée de la séparation de l'Église et de rÉtat et je n'ai rien trouvé.

Meslier ne voit pas de différence entre la religion naturelle, la religion de Voltaire, et la superstition la plus sombre et la plus servile. « Si le théiste, dit-il, ne voit Dieu que du beau côté, le superstitieux l'envisage du côté le plus hideux. La foUe de l'un est gaie, la folie de l'autre est lugubre. Mais tous deux sont également en délire \ y> Meslier traite de suppo-

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