Moniteur, réimp., t. 111, p
à l'Assemblée Tadresse qu'il avait rédigée, au nom du comité de constitulion, pour faire connaître au peuple l'esprit des décrets, le prémunir contre les faux bruits et rengager au calme et à la confiance. Sa lecture fut accueillie par des « applaudissements sans exemples ^ ». L'Assemblée entendit une seconde lecture de l'adresse, le lendemain, et en ordonna l'envoi aux provinces. Le décret était muet sur le vœu de Grégoire. Il n'}^ était pas question de proclamation au prône par les soins des curés.
L'idée cependant avait fait son chemin. La semaine suivante, la discussion sur les troubles ayant recommencé et s'étant élargie, Goupil de Préfelne demanda, le 23 février, que l'adresse du 11 aux provinces fût soumise à la sanction royale et publiée au prône dans chaque paroisse. La proposition fut adoptée et généralisée sous la forme suivante : « Le discours que S. M. a prononcé dans l'Assemblée nationale, le 4 de ce mois ^ et l'adresse de l'Assemblée nationale aux Français seront incessamment envoyés à toutes les municipalités du royaume ainsi que tous les décrets, à mesure qu'ils seront acceptés ou sanctionnés, avec ordre aux officiers municipaux de faire publier et afficher les décrets sans frais et aux curés ou vicaires desservant les paroisses d'en faire lecture au prône ^ ».
Ce n'était plus une invitation amiable qui était
1. Moniteur, t. III, p. 340. L'adresse, qui est une glorification habile et vigoureuse de l'œuvre de la Constituante, est reproduite dans le Moniteur des 13 et 14 février.
2. Ce discours, par lequel le Roi s'associait à l'œuvre de l'Assemblée, avait provoqué un grand enthousiasme.