La Théophilanthropie, p
2. Instruction donnée par M. Vévêqae de Langres aux curés vicaires
LA RÉVOLUTION ET l'ÉGLISE J3
contact trop direct avec les impies, leur abandonnèrent le chœur et se retirèrent dans la nef. Certains firent construire des autels roulants, afin de ne pas se servir de l'autel fixe occupé par les théophilanthropes. D'autres purifiaient féglise par des aspersions d'eau bénite, avant de s'en servir pour leurs cérémonies. A Notre-Dame, la société catholique décida de ne plus se servir de lorgue souillé par fusage des théophilanthropes, mais févêque Royer, moins dégoûté que les laïques de la société, passa outre à la défense et lorgue continua d'être touché par des mains catholiques aux grandes fêtes du culte*.
Il y eut des prêtres qui mirent de la coquetterie à faciliter le simiiltaneurn. Ainsi, à Saint-Germainl'Auxeriois, les théophilanthropes déclarèrent qu'ils n'avaient qu à se louer des ministres et des administrateurs du culte catholique. A Saint-Roch, les lecteurs théophilanthropes se félicitaient de la bonne entente qui régnait entre eux et les prêtres réfractaires attachés à cette église. Ils se servaient du même autel, de la même chaire à prêcher, etc. -. A Saint- Gervais, les mêmes prévenances existaient entre les prêtres réfractaires et les lecteurs théophilanthropes ^ La séparation intégrale fut ainsi une école de tolérance mutuelle.
Si on juge de l'arbre par les fruits, il nous est facile maintenant de conclure que la séparation intégrale réalisée par la Convention thermidorienne fut un
1. D'après le registre officiel des délibérations de la société catholique de Notre-Dame communiqué par M. A. Gazier.