‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 104 sur 131 · LA DOCT. DE L'EGLISE NON ANTIDEMOCRAT · texte numérisé non relu

LA DOCT. DE L'EGLISE NON ANTIDEMOCRAT

l'Eglise était contraire à Tesprit de son institution ; secondement qu elle se rapportait à une question n'appartenant pas au domaine de la foi ; que la cour romaine, en la décidant dans un sens ou dans un autre, n'avait donc pu lier les fidèles ni se lier elle-même pour l'avenir ; que, par conséquent, elle peut, quand elle le voudra, la résoudre dans le sens de la liberté.

Nous avons reconnu, en outre, que, tant que la cour romaine ne reviendra pas sur cette tradition temporelle antilibérale, on aura raison de dire que l'Église catholique, non en ce qu'elle est essentiellement, mais en ce que la font ses représentants officiels, est opposée au droit moderne.

Nous supposons donc, pour que notre argumentation se poursuive, qu'en fait l'Église est rentrée dans son vrai rôle de société spirituelle, répudiant à tout jamais l'appui du pouvoir temporel, c'est à dire substituant au vieux principe de la religion de l'État le principe nouveau de la séparation du spirituel et du temporel.

Or c'est dans cette situation que nous soutenons que le catholicisme ne contient aucun principe qui le rende inconciliable avec le droit moderne.

La doctrine morale du catholicisme est hors de cause, puisqu'on sait que cette morale et celle du monde civilisé sont adéquates. Il s'agit ici de sa doctrine dogmatique.

Les vérités que contient la doctrine catkolique se divisent, au point de vue du sujet qui nous occupe, en trois catégories : à la première appartiennent les vérités qui sont communes au catholicisme et à la philosophie ou religion naturelle; à la seconde, les vérités qui sont communes au catholicisme et à toutes les Eglises chrétiennes ; à la troisième, ce qui est exclusivement propre au catholicisme.

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