‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 17 sur 131 · ESPRIT LIBÉRAL D£ L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

ESPRIT LIBÉRAL D£ L'ÉGLISE

tous les pays et de tous les temps ; elle forme ce corps mystique, dont parle saint Paul, comprenant, sous un même baptême, Juifs et Gentils, esclaves et hommes libres; elle est bien la société universelle des âmes.

Qu'on y réfléchisse, s'il entrait dans le plan divin qu'il y eût sur la terre une société des âmes, une société spirituelle, il fallait que cette société fût universelle, « La vérité, dit avec un grand sens le père Lacordaire, étant le premier bien, et l'on peut dire le seul bien des hommes, et nul ne devant être privé de ce bien, sans lequel il n'y en a point d'autre, il s'ensuit que le premier soin de Dieu devait être de rendre son Eglise universelle, en sorte qu elle pût, comme la lumière du soleil, éclairer tout homme venant en ce monde (1). » Et comme il est également vrai qu'il ne peut y avoir d'universalité sans unité, l'Église groupée autour du pontife romain, présentant seule des conditions d'unité y a pu seule s'appeler universelle.

U universalité, tel est son second caractère, et son titre le plus distinctif, on peut le dire; seule, elle a pu prendre ce titre de catholique ; aucune autre Eglise ou école n'a songé même à le lui disputer. « Le nom de catholique ne réveille pas seulement l'idée de l'unité intellectuelle dans un corps organique et vivant, mais de plus il signi-

(1) LAC03UDAIBE, t. II, pag. 32.

fie l'expansion universelle de cette unité : prodige si grand, que l'Église, inspirée de Dieu et dédaignant tous les autres titres, tels que ceux à'une, de sainte, d'apostolique, qu elle tenait aussi du premier concile œcuménique de Nicée, a retenu le nom de catholique, comme le nom qui lui appartient par excellence, et qui, souverainement incommunicable, exprime le mieux cette force divine et créatrice qui, après l'avoir douée de lumière, de sainteté, d'unité, d'organisation, a fini par la pousser dans le monde avec cette dernière couronne de l'universalité (1). »

Avec l'unité et l'universalité, il fallait à l'Eglise la permanence, l'universalité dans le temps comme dans l'espace. Qu'eût signifié cette grande association des âmes, apparaissant un jour sur la terre, acclamant une même doctrine au nom de Jésus-Christ, pour s'évanouir le lendemain, abandonnée à tous les éléments de dissolution? Pour que l'établissement de l'Eglise ne soit pas une oeuvre vaine, il faut qu'elle reste, à travers les siècles, toujours visible dans les mêmes conditions organiques, invariable dans sa doctrine, et par conséquent infaillible dans son autorité.

Ainsi, l'unité, l'universalité, la permanence, et, par suite, la constitution hiérarchique des fidèles et des pasteurs sous un môme chef visi-

(1) Lacordaieb. Edit. in-12, t. II, pag. 50;

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