‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 16 sur 131 · ESPRIT LIBÉRAL DR L'ËOLISR · texte numérisé non relu

ESPRIT LIBÉRAL DR L'ËOLISR

Nicée et par celui de Constantinople, le premier caractère de TÉglise, c'est Yunité : « Un bercail sous un même pasteur. » Nous avons été baptisés pour former un seul corps, et former un même esprit, soit Juifs, soit Gentils, soit esclaves, soit libres. »... " Vous êtes le corps de Jésus-Christ, et membres les uns des autres (1). » « Il n'y a qu un Seigneur, une foi, un baptême, et dans ce but Dieu a établi des apôtres, des pasteurs etdesdocteurs (2).»...» Dieunous adonné des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs, afin que nous ne soyons pas comme des enfants, flottants et em portés à tout vent de doctrine par la malice et rhabileté des hommes qui sèment Terreur autour de nous (3). »

A cet apostolat il fallait un centre ; il fallait un chef unique aux apôtres et aux évoques leurs successeurs : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » « Quoi, un seul chef à tout lunivers?... Constituer Tunité sur une tête qu'un coup d'épée peut faire tomber! Cela était neuf, hardi, impossible, et cependant cela est. Non loin du lieu où siégèrent par la force des armes les dominateurs du monde ancien, siège un vieillard dont la voix commande et est res-

(1) Saint Paul. Épit. aux Corint,, chap. xii, v. 13 et 14.

(2) Idem. Épilre aux ÉpAesiens, chap. iv, v. 4, 11 et 13.

(3) Idem. lèid.

pectée non pas seulement dans les limites du plus grand empire humain qui ait jamais existé, mais en deçà et au delà de toutes les mers. Il a traversé non pas un siècle, mais dix-huit siècles. Il a vu s'élever contre lui des schismes, des hérésies, des rois, des républiques, et il est demeuré ferme sur le tombeau qui fait sa puissance (1). »

Avec un chef, un épiscopat partageant avec ce chef la souveraineté et la juridiction spirituelle, un presbytérat chargé, sous l'autorité des évéques, de répandre la parole évangélique, d'offrir le sacrifice et de distribuer une partie des sacrements, puis un diaconat pour aider les prêtres dans leur ministère, l'Église cesse d'être une abstractioninsaisissable , pour être un organisme vivant et agissant ; c'est « une société organique, où l'idée doctrinale a pris corps sous un gouvernement hiérarchique, législatif, judiciaire et administratif, c'est à dire sous un pouvoir jouissant de la totalité des attributs nécessaires à la vie réelle d'une société (2). »

Ainsi constituée, une dans sa foi, une dans son gouvernement, dont toutes les parties convergent autour d'un centre unique, indépendante d'ailleurs de toute société temporelle, l'Eglise peut ouvrir son sein aux hommes de

(1) Lacobdaieb, t. II, pag. 35 .

(2) Ibid., t. II, pag. 60.

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