CHAPITRE II
l'église en fixant son symbole a-t-elle altère
son oabactèee peimitip?
Dans son état primitif, l'Eglise était, nous l'avons montré, ou plutôt rappelé, une société purement spirituelle. Mais cette Église peu à peu s'est constituée d'une façon plus distincte, plus reconnaissable : elle a d'une part formulé
plus nettement son symbole; à mesure que des dissidences se produisaient, elle définissait le vrai sens des textes sacrés et de la tradition, elle déclarait hérésie tout ce qui y était contraire. D'autre part, elle a régularisé sa hiérarchie, sa constitution intérieure.
En faisant ces deux choses, a-t-elle altéré en quoi que ce soit son caractère de société spirituelle?
Le symbole, tel qu'il a été formulé par le concile de Nicée, a gardé le titre de symbole des apôtres, parce qu'il exprime, en la précisant, mais sans rien y ajouter ni en retrancher, la doctrine professée par les disciples immédiats du fondateur. Cette doctrine, sur Dieu, sur sa n,ature, sur son action créatrice, sur sa providence, sur son intervention directe au sein de l'humanité, afin de la délivrer de sa double servitude matérielle et morale, qui est-ce qui a jamais songé à l'opposer aux apôtres pour démontrer que l'Église qu'ils formaient entre eux par la profession de cette foi commune , n'était pas une société spirituelle?
Et aujourd'hui, quand des dissidents quels qu'ils soient, gardant tout ou partie de ce symbole de Nicée, mais se détachant de l'unité catholique, veulent former, par la libre adhésion de chacun, un group3 religieux distinct, une Eglise chrétienne, viendra-t-il à l'idée de personne de prétendre qu'un article quelconque de sa profes-