‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 49 sur 131 · L UNITË PAR LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

L UNITË PAR LA LIBERTÉ

hors de son action les principes religieux avec lesquels ces faits temporels ont un rapport intime. Comment s'y prendre, dit-on, pour dégager sûrement les faits sociaux des causes religieuses qui les ont pénétrés et caractérisés? Où est la limite qui sépare Tordre temporel de Tordre spirituel? où est la garantie contre les empiétements d'un ordre dans l'autre? Quel est le législateur assez intelligent pour ne jamais s'abuser dans ces matières si délicates? Est-il certain qu'il puisse dire nettement dans tous les cas : Voilà un fait de Tordre temporel ; voilà un fait de Tordre spirituel ?

Alors, l'imagination aidant, on voit surgir tout un monde de conflits, sans nul moyen de les vider. Et Ton s'autorise de ces prétendues difficultés pratiques, pour perpétuer un statu quo qui n'est ni le règne de la liberté ni le règne de l'autorité, où aucun intérêt n'est satisfait, ni celui de l'Etat, ni celui de TEglise, ni celui du citoyen ; on se dispense de mettre la main à l'œuvre ; et, ne pouvant ni se résoudre à rompre radicalement avec le passé, ni refouler le flot envahissant des idées modernes, on se résigne à une déplorable confusion.

Quelques explications suffiront pour montrer qu'on exagère singulièrement ces prétendues difficultés.

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