‹ La révolution et l'église (volume 2)Chapitre 99 sur 131 · LA CONSTIT. DE L'ÉGLISE NON ANTIDÉMOCRAT. ÎOI · texte numérisé non relu

LA CONSTIT. DE L'ÉGLISE NON ANTIDÉMOCRAT. ÎOI

tion possible entre l'Eglise et le droit moderne, qu'à la condition que la société spirituelle et la société temporelle reposent sur des bases identiques et qu'elles aient le même fonctionnement démocratique, la question se trouve jugée négativement par la manière même dont elle est posée; et il est inutile d'aller plus loin.

Mais, comment ne voit-on pas que, s'il y a deux sociétés distinctes, c'est qu'il y a deux ordres distincts par leur nature même, ainsi que nous l'avons surabondamment établi, et qu'il va de soi que les règles de l'une ne doivent pas être les règles de l'autre ?

Au lieu donc de s'engager dans un débat inutile, il fallait avant tout rappeler que, dans leur conception rationnelle, la notion d'une société spirituelle et la notion d'une société temporelle étant radicalement différentes, ce n'est pas à l'une d'elles qu'on doit demander ses définitions et ses règles pour en faire la base de l'organisation de l'autre. « Le royaume de Jésus-Christ, dit Bossuet, n'est pas de ce monde, et la comparaison que vous pouvez faire entre ce royaume et ceux de la terre est caduque. y> C'est se proposer un but chimérique que de chercher des similitudes entre des objets appartenant à deux ordres entièrement différents; et c'est une injustice que de déclarer l'un de ces objets mauvais, parce qu'il ne possède pas les caractères de l'autre; chaque chose, chaque institution, doit

Wt LA RÉVOLUTION ET L ÉGUSE.

être appréciée en raison de sa propre destination, et non par comparaison avec une catégorie de fonctions qui na rien de commun avec elle.

l*'. — Le* deux sociétés différant par leur objet dofvent différer par leur organisation.

Ainsi, quand on met en regard la société temporelle et la société spirituelle, il faut se souve* nir que ces deux sociétés, différant essentiellement par leur objet, doivent différer par leur organisation et leur mode de fonctionnement, répondant chacune à des besoins également naturels et légitimes, quoique d'un ordre différent. Et ces différences, même radicales, ne constituent pas en soi une incompatibilité réciproque. L'incompatibilité n'existerait que si l'un des deux ordres contenait quelque élément dont le contact pût être nuisible à l'autre ordre.

Nous avons, à plusieurs reprises, dans le cours de ce travail, signalé les différences caractéristiques qui distinguent les deux sociétés, quant au but, quant à la nature des intérêts qui y sont en jeu, quant aux conditions d'existence, quant au fondement et à l'exercice de l'autorité dans chacune d'elles, quant à leurs moyens de conservation et d'expansion. Il suffira de rappeler en quelques mots ces différences.

La société temporelle, le mot le dit, prend l'homme dans le temps, dans l'ordre des faits relatifs, variables, de son existence nationale ;

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