‹ La Révolution et la Doctrine de l'UtilitéChapitre 142 sur 239 · PROPAGANDE ANTIRELIGIEUSE · texte numérisé non relu

PROPAGANDE ANTIRELIGIEUSE

prison, en sort athée. Les persécutions créent « un fanatisme de l’incrédulité ». Les amis de Bentham prennent la défense de Carlile: Ricardo par un discours au Parlement, Stuart Mill par cinq lettres adressées au Morning Chronicle, puis par un article de la «' Revue de Westminster » #, — C’est par leur anticléricalisme forcené que les disciples de Bentham se rendent le plus impopulaires. Romilly, toujours prudent, mais à la direction de qui Bentham a décidément échappé depuis qu'il connaît James Mill, fait tous ses efforts pour empêcher Bentham de publier son Church of Englandism. C’est sous des pseudonymes que paraissent la « Religion Naturelle » et le Not Paul but Jesus. On ne trouvera pas trace, dans l'édition complète des œuvres de Bentham publiées par Bowring, du Church of Englandism ni du Not Paul but Jesus; et Mrs. Grote dissimule soigneusement, dans la biographie qu’elle consacre à son mari — on est toujours trahi par les siens — la part prise par Grote à la publication de la « Religion Naturelle »: le fait n’a été révélé qu’à une date assez récente, dans une notice biographique, par Alexandre Bain.

Mais ce n’est pas seulement, à l’extérieur, la résistance de l’Église anglicane qui menace la prospérité de de la British and Foreign Society ; elle est travaillée, à l’intérieur, par des dissensions religieuses. Chez les promoteurs de l'éducation populaire entre 1810 et 1820, on rencontre à la fois des dissidents à tendances piétistes, et des libéraux politiques à tendances laïques.

William Allen, l’ami commun de James Mill et de Robert Owen, ne se console pas de voir celui-ci évoluer, pour les mêmes causes et dans le même temps que les Benthamites, vers l’irréligion agressive. Les gens de la « confrérie de Clapham » sont hostiles, dès le début, au « libéralisme » suspect de la Société # ; et leur grand homme, Wilbertorce, dont Allen et Fox auraient voulu faire le vice-président de la Société, décline cet honneur. Dans la British and Foreign Society elle-même, Place et James Mill obtiennent d’abord que, sur les statuts de la West London Lancasterian Association, on modifie la règle portant que les leçons de lecture seront empruntées seulement à la Bible, et qu'on supprime la règle portant que tous les enfants seront conduits, tous les dimanches, à des lieux de culte. Mais en 1814, Lancaster, expulsé, se venge en dénonçant l’athéisme de Place; et sir Francis Burdett se venge également en accusant Place d’être un agent provocateur : Place quitte la West London Lancasterian Association. En 1815, les piétistes l’emportent définivement dans la British and Foreign School Sociely, d’où Place se retire “encore. — Le projet d’EÉcole chrestomathique supérieure avorte pareillement. Les fonds manquent: on voudrait quatre mille livres, et on n’a recueilli, en 1817, que deux mille cinq cents livres. L’enthousiasme de Bentham lui-même se refroidit: l'emplacement qu'il avait offert pour l'érection de l’école, il finit par le refuser en 1820 ©. — Dix années d’efforts ne sont pas cependant consommées en pure perte. Le discours que Brougham,

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