‹ La Révolution et la Doctrine de l'UtilitéChapitre 2 sur 239 · IL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IL INTRODUCTION

il fallait être radical pour être utilitaire (d’où la désignaton de radicaux philosophiques), et que les adeptes de la morale de l'utilité étaient en même temps les théoriciens de la démocralie représentative et du suffrage universel? Mais, si l’on ne sait pas cela, peut-on vraiment dire que l’on connaisse la morale utilitaire et le principe même de lPutilité? Car ce qui érige une proposition en principe, c’est précisément la fécondité logique de cette proposition, le nombre des conséquences qu’elle implique. Pour connaître vraiment le principe de l'utilité, il faut donc en connaître toutes les conséquences, toutes les applications Juridiques, économiques et politiques. Nous essayons de rendre la connaissance de la morale utilitaire plus exacte en la rendant plus complète. Nous étudions lutilitarisme intégral. |

Or, pour étudier la doctrine à la fois dans son unité et dans toute sa complexité, quelle méthode convient-il de choisir? Pourrait-on, afin d’en simplifier l'exposition, supposer le radicalisme philosophique déjà constitué, et analyser l’ensemble des opinions philosophiques et sociales, théoriques et pratiques, qui pouvaient être celles d’un Stuart Mill, aux environs de 1832? La méthode présente des inconvénients graves. Suivant que l'exposition de la doctrine en mettrait mieux en lumière l’unité ou les contradictions, on nous soupçonnerait, dans le premier cas, d’avoir employé, pour la reconstituer, des procédés arbitraires et factices, ou, dans le second cas, d’avoir volontairement insisté

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