CHAPITRE IV
léges d’homme à homme, de corporation à corporation, de province à province, de propriété à propriété. Aux privilèges elle a substitué l’égalité des droits; aux Parlements, une représentation nationale; aux justices des seigneurs, les justices de paix; à la judicature vénale, les jugements par jurés; aux compagnies exclusives des marchands, la liberté illimitée, du commerce.
Par ses lois*sur le partage des successions et par la vente des biens nationaux, elle a centuplé le nombre des propriétaires, c’està-dire des hommes intéressés à l’ordre social, et cette multiplication des propriétaires a multiplié la population. 11 y aurait à faire sous ce titre : influence de la Révolution française sur la population, un excellent chapitre qui manque dans toutes les histoires.
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Un bienfait plus important encore de la Révolution, c’est l’esprit de liberté qu’elle a répandu dans le monde. Cet esprit, malheureusement, n’empêche ni les méfaits des gouvernements, ni les actes arbitraires; mais il rend impossible toute tyrannie durable. Si les rois n’ont pas profité de l’exemple d’un roi détrôné, jugé, condamné, l’exemple d’un peuple affranchi n’a pas été perdu pour les peuples , quoi*. qu’en dise M. Quinet.
Que dans les premiers jours de la Révolution, et à l’époque de ses plus violents déchirements, quelques esprits aient été plus frappés de ses maux que de ses avantages, à la rigueur cela s’explique. Les maux éclatant en même temps que la Révolution et les avantages ne devant venir qu’à sa suite, il était naturel de sentir plus