‹ La Révolution et le livre de M. QuinetChapitre 50 sur 94 · FRANÇAISE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE

« Qui peut dire ce qui serait arrivé, si les révolutionnaires des Comités et de l’Assemblée eussent prêté leurs forces aux iconoclastes? Où allait ce renversement, et que serait-il sorti de cette poussière?

« Mais les terroristes eurent peur des ravageurs de monastères, que la Réforme avait vus sans trouble ou même avec joie.

« Ils opposèrent leur puissance d’épouvante à cette tempête. Tout rentra dans l’obéissance.

« Luther aurait ri de ce qui fit trembler Robespierre et Danton...

« Les douze dictateurs, armés de la hache, firent rentrer la France dans le cercle du moyen âge. d’où un instinct, barbare, il est vrai, mais populaire, la poussait à s’affranchir. Dès lors il fut certain que cet immense travail de vingt-cinq millions d’hommes en fureur était condamné à quelque immense avortement, puisque leur énergie s’employait à empêcher leur délivrance...

« Les Réformateurs n’avaient pas découragé les brise-images ni les renverseurs des

GHAPITRR VU.

vieux autels; ils n’en avaient point fait justice. Les Jacobins les mirent à mort.

« Hercules-enfants, dit M. Quinet, ils n’osent rejeter les serpents de leur berceau, et il ajoute : Voilà le vrai vide de la Révolution française. »

Lancé dans cette voie, M . Quinet ne recule devant aucune proposition : il semble même qu’il choisisse de préférence les plus extravagantes et les plus puériles. Par exemple, il s’écrie tranquillement qu’en refusant de proscrire les anciennes croyances, les chefs de la Révolution opérèrent « -une retraite précipitée jusqu’au sein du moyen âge, » et il affirme qu’en s’opposant à la démolition des églises. Robespierre et le Comité de salut public ont plus fait pour le catholicisme que saint Deminique et Torquemada,

Cette unanimité des vrais chefs de la Révolution, professant hautement le respect de toutes les croyances, au nom de la li- I berté, confond et irrite M. Quinet; Ce respect, il le reproche surtout à, Robespierre, dont l’influence sur ce point, comme en tout, fut décisive. « Nos ennemis, dit Robespierre, se sont proposé un double but en imprimant le mouvement violent contre le culte catholique : de se servir de la philosophie pour détruire la liberté... Vous devez empêcher des folies qui coïncident avec les plans de conspiration... On a supposé qu’en admettant les offrandes civiques, la Convention avait proscrit le culte catholique.

Non ! la Convention n’a pas fait cette démarche téméraire, la Convention ne la fera jamais. » — « On relève l’Église ! » s’écrie M. Quinet. Non, on ne relève pas l’Église,

Page 1