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LES MÉDICAMENTS

A défaut de linge, de literie, de chauffage, les maisons hospitalières peuvent-elles au moins assurer aux malheureux les médicaments nécessaires? Les documents suivants, pris comme toujours, à titre d'exemple, dans les diverses parties du territoire, vont nous répondre.

Dès le 18 ventôse an 3 (Arch. nat., Fi^, 255), les administrateurs de Belfort constatent avec peine que leur petite pharmacie est épuisée et « qu’à Basle » l’on ne vend les drogues que contre du numéraire, « A Annpnay (E. Nicod, L'Hospice d'Annonay pendant la Révolution, in-8<^, 16 p., 1895), la pharmacie est dépourvue de drogues ; il faut en faire acheter à Genève où l’on n’en trouve que moyennant espèces sonnantes ».

A Quimper (27 ventôse an 4), requête pour obtenir de l’argent chez le payeur de la guerre, afin de se procurer des remèdes, « les apothicaires de Lorient ne connaissant que les écus ». Ceux de Douai et de Rennes (brumaire an 4, pluviôse an 7) veulent avant tout être payés de l’arriéré, sinon ils ne fourniront rien. Le directoire du département du Nord, après.avoir exposé la situation (11 brumaire an 4. Arch. nat., F^^^ 267), ajoute : « Nous n’avons nulle somme à notre disposition pour payer les livraisons faites par les apothicaires de Douaÿ... faudra-t-il voir languir sans secours des indigens malades que quelque remède délivré à propos pourroit rappeller à la vie? Nous ne le pensons point, et vous viendrez au secours de ces malheureux ; SANS CELA LE GOUVERNEMENT ACTUEL SEROIT AUSSI DESTRUC¬ TEUR QUE LA GUERRE OU LA PESTE, CE QUI EST IIMPOSSIBLE ».

A Auxerre (ventôse an 4), Châteauroux (floréal an 4), Murat

DE LA SITUATION FAITE AUX ADMINISTRÉS

(pluviôse an 7), la pharmacie est dépourvue d’approvisionnements. « La plus belle pharmacie est épuisée, disent les administrateurs de Bourg, le jalap est le seul purgatif auquel on recourt dans ce moment, ce qui provient du peu de ressources qu’à cette maison pour s’en procurer de meilleure nature » (messidor-thermidor an 4. Arch. nat., Fi5, 277).

En nivôse an 5, à Vendôme, « on manque meme des racines nécessaires aux tisannes des malades » (Arch. nat., 286). Cette situation se prolonge, car, le 6 ventôse an 7 (Arch. nat., F15^ 342), le commissaire du directoire exécutif près l’administration municipale du canton écrit au Ministre : « Notre hospice est dans le plus entier dénuement des choses de première nécessité et surtout de remèdes, qu’il ne peut plus trouver à crédit chez les pharmaciens ; il vient de m’envoyer la nomenclature de ceux qui lui sont le plus en usage en faisant les plus vives instances pour que je m’intéresse auprès de vous pour lui procurer le plus promptement possible, ce secours indispensable. C’est au nom de l’humanité pauvre et souffrante que j’invoque un ministre connu par une ame sensible et compatissante ; j ’ose donc espérer que ma voix sera entendue, mes désirs exaucés en faveur des malheureux dont je suis l’organe ». (Le Ministre envoie 3.000 fr., le 22 ventôse).

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