‹ La Révolution et les pauvresChapitre 12 sur 192 · LIVRE 1, — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 1, — CHAPITRE

poursuite, disent certains cahiers. En effet, ajoute le Tiers état de la ville d’Ang'ôulêine, « ces malheureuses victimes de la débauche ou de la misère n’ont d’autre appui que le gouvernement; partout où il n’y a point de bureau établi, l’exposition faite sous les halles, dans les rues et sur les places publiques, livre les enfants à la voracité des animaux, et ceux qui en échappent, n’étant à la charge des seigneurs sur les terres de qui ils ont été trouvés que jusqu’à un âge encore trop tendre, sont abandonnés avant d’être en état de gagner leur vie. Ils semblent n’avoir été conservés que pour périr par la soif et la faim ou pour multiplier le nombre des vagabonds et des mendiants » (t. 11, p. 19).

On veut un règlement général précisant les devoirs des seigneurs hauts justiciers, en attribuant à l’Etat, aux établissements de charité, hôpitaux, fabriques, etc., la succession des bâtards, à la charge de pourvoir au soulagement des enfants trouvés (Angoumois, Dinan, Condom, Ecouen, etc.).

En ce qui touche l’éducation de ces pauvres délaissés, les opinions sont fort différentes ; les uns souhaitent avec raison qu’on les place dans les campagnes pour en faire de bons cultivateurs ; d’autres électeurs voudraient voir créer des manufactures où ils seraient employés.

Un cahier demande qu’on les destine à la marine (Bailliage d’Auxois). Un autre cahier proteste contre cette mesure (Ville de Marseille ; noblesse).

Toujours rien de précis, et il faut en revenir à cette formule qui apparaît sans cesse : « On s’en remet sur ce point à la prudence des Éta^s généraux ». C’est là le dernier mot des cahiers; en ce qui se rapporte aux questions hospitalières, les membres des trois ordres ne savent indiquer le remède et se contentent de signaler la situation à leurs députés.

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