‹ La Révolution et les pauvresChapitre 11 sur 192 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

avec les garanties nécessaires. Que l’on fasse de préférence travailler les valides à l’entretien des routes^.

3° Qu’au moyen de ces bureaux et ateliers, la distinction étant faite entre les vrais pauvres et les mendiants de profession, les premiers ne soient plus conduits aux dépôts de mendicité, tandis que les seconds seront arrêtés et sévèrement punis'*.

En dehors de ces trois points, l’organisation des bureaux fait l’objet des préoccupations de peu de cahiers ; mais il n’en est pas de même quant aux ressources à l’aide desquelles on pourrait faire vivre les établissements hospitaliers et charitables. Des vœux précis sont exprimés. De nombreux électeurs veulent faire servir à la dotation des hôpitaux, ateliers, asiles, etc., une part plus ou moins considérable prélevée sur les biens du clergé, et même atteindre ce but : 1° par des entraves mises au cumul des bénéfices ; 2° par la suppression de bénéfices simples sans charge d’âmes et d’abbayes ou couvents (Bailliages de Bai'-le-Duc, de Châteauneuf, de Saint-Lô, de Mâcon, etc.). Les ordres mendiants et contemplatifs sont surtout visés 5.

3. « Qu’il soit établi dans les provinces des ateliers publics de charité surveillés par les administrations provinciales ; que le pri.x des journées d'ouvriers y soit fixé à un cinquième au dessous du prix ordinaire des journées.... Que les dits ateliers soient employés à la construction des grands chemins, à celle des chemins de communication, à leur entretien... » {Baillia.ge de Donrdan. Xohlesse, t. III, p. 247.)

4. « Ne jamais enfermer les mendiants dans d’affreuses maisons de dépôt, où les traitements qu’ils éprouvent révoltent l’humanité. » (Paris, intra muras. Clergé, t. V, p. 267.)

Secourir dans les paroisses les pauvres honnêtes, vieux, infirmes, ne renfermer dans les dépôts que les fainéants, libertins et vagabonds. (Bailliage de Chaumonten-Vexin. Tiers éfat, chap. vi, t. III, p. 741.)

5. Supprimer les maisons religieuses dans lesquelles le nombre des profcs serait inférieur à dix ; doter convenablement les curés et vicaires avec le produi t de la vente des bâtiments devenus vacants ; employer le surplus de l’interet du prix desdits biens à établir des hôpitaux et des bureaux de charité, et leur assigner un revenu fixe pour extirper la mendicité si redoutable dans les provinces. (Bailliage de Châleauneuf-en-Thimerais. Noblesse, t. II, p. 642. Bailliage de Sainl-Lô. Tiers état, art. 8, n» 4, t. III, p. 61.)

Augmenter les revenus des hôpitaux créés ou à fonder au moyen des biens des communautés religieuses susceptibles de suppression. [Gouvernance de Lille. Noblesse, art. 40, t. III, p. 530.)

Éteindre quelques communautés religieuses et des abbayes inutile'â. (Bailliage

LES UTOPIES ET LES LOIS

Les théories de Necker portent également leurs fruits ; dans quelques paroisses de la vicomté de Paris, on demande que les biens immobiliers des établissements charitables soient convertis en rentes^. Ailleurs, on réclame des taxes de diverses natures sur les cartes; les cafés, spectacles, auberges, cabarets; les nominations, pensions, grades, brevets, etc., et même sur le revenu d’une partie ou de la généralité des citoyens (Bailliages de Boissons, de Verdun, de Bellay, etc.).

Enfin les enfants trouvés deviennent l’objet d’une attention toute particulière :

« Nous recommandons d’une manière spéciale à Notre auguste Monarque le déplorable sort des enfants trouvés. C’est au Père du Peuple d’adopter cette famille immense dont la conservation est si précieuse au Royaume, et que nous mettons solennellement sous sa protection royale... » (Bailliage de Péronne; clergé).

Qu’il soit établi des hôpitaux pour les enfants trouvés dans toutes les villes des bailliages ou des diocèses, et que, pour assurer le secret des abandons, il soit disposé des tours ou des berceaux commodes dans lesquels on puisse les y déposer sans crainte de

de Mâcon. Noblesse, art. 55, t. III, p. 627. Paroisse de Janvry, près Paris, art. 12, t. IV, p. 614.)

Que les petits couvents, chapiti-es et bénéfices simples inutiles, soient supprimés et leurs biens employés à l’augmentation des revenus des curés et des vicaires, fonds de charité, lits dans les Hôtels-Dieu. {Paroisse de Beauregard, près Monthléry, t. IV, p. 348.)

Que les biens des maisons religieuses qui sont ou seraient supprimées, ceux des prieurés, des menses d’abbayes commendataires au moment de leur vacance, soient appliqués, sauf les droits des fondateurs, à la dotation des hôpitaux... {Paris, intra muros. Noblesse, t. V, p. 273. Sénéchaussée de ChâtellerauU, Tiers état,t. II, p. 696. Sénéchaussée d’Auray. Tiers état, art. 17, t. VI, p. 113.

6. « Que les maisons, fermes et autres immeubles des hôpitaux, qui, au su de tout le monde, consomment une bonne partie de leurs revenus en réparations et autres frais de régie, soient pareillement vendus, et le prix aussi employé à l’acquit des dettes les plus onéreuses de l’Etat, toutefois en assignant aux mêmes hôpitaux, et en leur garantissant par les Etats généraux, un revenu supérieur au produit actuel de ces immeubles, et le payement leur en sera fait annuellement de trois mois en trois mois et par avance sur les premiers fonds des provinces, par privilège et préférence à tous autres objets. » {Bourg d’Ecouen. Constitution, art. 35, t. IV, p. 511. — Paroisse de Verrières, chap. i", art. 22, t. V, p. 179.) Ces demandes forment de véritables e.xceptions.

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