‹ La Révolution et les pauvresChapitre 152 sur 192 · HOSPICES CIVILS · texte numérisé non relu

HOSPICES CIVILS

affectée du tableau que la plupart des administrations municipales de son ressort, lui font de la situation des divers hospices de leur arrondissement; dont le dénuement paroit être porté à son comble, depuis que CCS établissemens se trouvent privé des ressources, que leur procuroient leurs anciens revends.

D’après les divers états qu’elle a sous les yeux, il paroit que la plus grande partie des revends de ces maisons consistoit en dimes et en des droits assis sur la tende des halles, foires et marchés publics de leur arrondissement. Mais, comme ces differentes perceptions n’ont plus lieu aujourd’huy, il en résulte, parla même, un déficit qui les met hors d’état de subvenir à leurs besoins.

Vous remarquerez. Citoyen Ministre, que cette privation n’est pas le seul sacrifice que ces établissemens ont à faire; car si vous exceptez de leur revends, quelques foibles portions des biens fonds assujettis à des contributions très onéreuses, vous verrez que le reste consistant en rentes sur l’Etat, dont le payemens éprouvent des retards et même des diminutions, il en résulte pour ces maisons, un déficit tellement considérable, qu’elles se trouvent dans une impuissance presque absolüe, de procurer aujourd’huy à l’humanité souffrante, les secours quelle lui offroit si abondamment par le passé, aussi, ces mêmes administrations observent-elles que ces aziles, se trouvant dépourvds de tout ce qui est nécessaire, même à l’entretient de leurs mobiliers ; sont ménacés d’une ruine très prochaine, et que déjà, l’entrée en est souvent interdite aux indigens, qui, privés de secours, périssent abandonnés dans le fond de leur réduit.

Néàmoins, comme il n’est pas dans l’intention du Gouvernement, d’abandonner ces aziles sacrés par leur institution ; que le corps législatif a déjà pris plusieurs résolutions, tendant à leur procurer des ressources proportionnées à leurs besoins ; l’administration vous invite à examiner si indépendamment des biens fonds, qui vont leur être accordés en remplacement de ceux qui ont été vendus ; il ne conviendroit pas d’assigner, sur le trésor public, une somme annuelle proportionnée aux pertes qu’ils ont faites par le changement survenû dans, le nouvel ordre de choses.

L’administration compte beaucoup sur votre sollicitude dans l’examen de cette question et vous invite à lui faire part de votre décision.

Salut et fraternité.

Signé : Lepicier.

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