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DÉTRESSE DE L’HOSPICE D’USSEL (CORRÈZE) FLORÉAL AN

(Archives nationales, 262).

Ussel, le 25 floréal an 4.

Le Président de Vadministration municipale du canton d'Ussel, département de la Corrèze, au Ministre de VIntérieur.

Citoyen Ministre,

Mon devoir m’impose l’obligation de vous faire le tableau très affligeant des malheureux habitants de nôtre hospice.

La Citoyenne gouvernante de l’opital d’Ussel vint m’inviter sur la fin de germinal à me rendre chez les pauvres, ce que je fis sur le champ, où étant, je vis des êtres de l’un et l’autre sexe, les uns courbés sous le poids de l’age octogénaire près à déssendre dans leur tombe, d’autres privés de la majeure partie des sens de la nature, représentant des cadavres de plusieurs jours, enfin d’autres dont la raison est encore enveloppée dans l’atendresse de la dôlescence, ceux-ci sont ils moins malheureux que les autres, voilà. Citoyen Ministre, l’état des pauvres d’Ussel, bienfait pour amolir les cœurs les moins sensibles.

Leur gouvernante ouvrit les battants de toutes les ormoires prit à sa main un coin de pain pesant environ huit livres, et me dit. (Voilà, Citoyen, toutes les subsistances pour nourrir vingt quatre personnes) s’en pérte de temps je me concertai avéc le citoyen Moncourrier-Beauregard l’un de leurs administrateurs nous nous rendimes chez le garde magasin national, nous l’engageâmes sur notre parole à délivrer aux pauvres six quintaux de bled ségle, avéc promesse de vous en informer, sachant que les grains sont à votre disposition, et que sans vos ordres nul ne peut y toucher.

Veuillez décider. Citoyen Ministre, si notre imprudence estcouppable, si ces mouvements commandés par la nature, par l’humanité et par la charité, ne nous rendent pas excuzables.

Connaissant vos principes vertueux, nous espérons, citoyen ministre, qu’en nous honnorant d’une réponse nous y lirons l’absolution de notre conduite. Nous vous observons que le département a exigé de ce maga-

sin 150 quintaux de divers grains qui lui parviennent chaque jour, et que nos réclamations envers luy ont été vaines pour les pauvres depuis environ trois mois. Nous espérons, Citoyen Ministre, que vous nous autorizeréz à en prendre vingt quintaux pour nourrir ces malheureux jusqu’à la récolte qui sont dénués de tout secours.

Je suis avec respect, ‘

Citoyen ministre.

Signé : Delmas-Grammond.

RÉCLAMATIONS DES ADMINISTRATEURS DE L’HOSPICE CIVIL DE CHAMRÉRY (DÉP. DU MONT-BLANC) PRAIRIAL ET FRUCTIDOR AN 4 (Archives nationales, F^®, 290).

Chambéry, le 27 prairial an 4® de la rëp. française.

Les administrateurs de l'hospice civil des malades de Chambéry, cy-devant dit hôtel Dieu, au Ministre de l'Intérieur.

Nous venons remettre sous vos yeux, Citoyen Ministre, les besoins qui nous pressent et que nous vous avons déjà exposé dans les deux comptes que nous vous avons adressé des deux trimestres précédents, nous ne tarderons pas de vous envoyer celui du trimestre qui finit au dernier de ce mois, nous sommes endettés et sans provision ; l’administration centrale de ce département par son arrêté du 16 de ce mois qui nous accorde vingt quintaux de bled, nous a prolongé l’existence, il est bon de vous observer que ce moïen nous est infiniment coûteux, en ce que ce bled qui provient des contributions n’est pas assez net pour faire un pain de malades, et qu’en le purgeant de mauvais grain, nous essuyons une perte considérable.

Nous vous prions. Citoyen, de prendre en considération les motifs contenus dans nos comptes et l'épetés dans l’arrêté ci joint du 16 de ce

mois, afin que nous n’ayons pas la douleur de fermer un établissement qui ne peut plus se soutenir sans les secours du gouvernement.

Salut et respect.

{Suivent les signatures.)

DÉPARTEMENT DU MONT-BLANC , COMMUNE DE CHAMBERY , HOSPICE CIVIL DES MALADES

Chambéry, le 19 fructidor, an 4® de la rep® franc® une et ind®.

L'administration de l'hospice civil des malades de Chambéry, au Citoyen Ministre de l'Intérieur.

Citoyen,

Nous vous adressons cy inclus, l’état du trois® trimestre échû le trente prairial dernier, conformément au modèle qui nous est parvenu, ainsy que nous l’avons cy devant pratiqué, vous verrés. Citoyen, que nos besoins deviennent toujours plus urgents que malgré que nous avons été forcé, pour éviter la fermeture totale de cet hospice de réduire le nombre des malades, et que nous ayons continué à suspendre la distribution des secours à domicile, en employant les revenus à ce destinés au soulagement des pauvres malades, le nombre desquels est toujours conséquent, nous sommes néanmoins en arriéré de la somme de dix mille trois cent quinze livres, especes métalliques, ce qui provient du remboursement des capitaux, qui a été fait entre les mains de la nation et de la privation des revenus des créances dues par la municipalité de Chambéry, parles émigrés et absents. Les biens desquels sont aussi entre les mains de la nation ainsi qu’a été amplement démontré dans les précédents états.

Vous nous avés bien accordé. Citoyen, un secours de 15.000 liv. en promesses de mandats que nous n’avons pû exiger que le dix huit thermidor proche échû, laquelle somme nous porterons dans les avoirs du trimestre courant, mais le cours de ces promesses est si bas que cette somme a été un très faible soulagement à nos urgents besoins ; nous ne cesserons donc de recommander notre hospice qui est de la plus grande utilité à votre zèle et a votre charité ; et nous sommes avec une estime respectueuse

Les adm*^® de l’hospice des malades.

[Suivent les signatures.)

RAPPORT DES BUREAUX DU MINISTERE DE l’iNTÉRIEUR

Loi du 23 messidor. — Département du Mont-Blanc, hospice de

Chambéry, — 3.000 liv. dépenses courantes. — Aprouvé le

24 brumaire an 5®, — Envoyé le même jour au 0 ®“ Bergeron.

L’hospice civil de Chambéry est composé de 65 individus y compris 15 employés.

Il a perdu en rentes sur émigrés ou en capitaux remboursés 150.000 liv. il lui reste la jouissance de 185 de blé et 12.000 pintes de vin mesure de Paris.

Le surplus de son revenu s’élève au total numéraire à 5.342 liv.

On lui fournit en messidor pour suppléer à ses ressources durant le 3 tr® (jg germinal la somme de 15.000 liv. espèces dont le compte du d**"® de messidor justifiera sans doute l’employ.

Le résultat de celui de germinal présente un reliquat de 10 liv. 10 s. 6 d. en numéraire.

Mais les dépenses non payées sont effrayantes.

Des dots, des pensions viagères, etc., qui sont demeurées à la charge de cet hospice dont la somme s’élève à 10.315 liv. 3 s. valeur métallique.

La lettre missive qui a accompagné ce compte vient de la part des administrateurs de l’hospice, dont les expressions sont on ne peut pas plus allarmantes. Ils ont été obligés de supprimer des secours à domicile, de refuser d’admettre le nombre ordinaire de malades, en un mot ils sont à la veille de fermer les portes aux uns et d’oter tout espoir de secours aux autres.

Un tel état de choses considéré avec l’ensemble des capitaux dont cet hospice vient d’être dépouillé nécessite la concession d’une somme de 3.000 fr. pour la dépense courante mais avant de liquider l’arriéré il est nécessaire de demander des éclaircissements sur les sommes dues et arréragées.

On propose en conséquence d’autoriser la trésorerie nationale à verser dans la caisse du payeur général la somme de trois mille livres valeur métallique, pour être à la disposition des administrateurs du département du Mont-Blanc et appliquée à l’hospice civil de Chambéry.

LETTRE DU MINISTRE DE l’iNTÉRIEUR AUX ADMINISTRATEURS DU DÉPARTEMENT DU MONT-BLANC

24 brumaire an 5.

Le Gouvernement ayant voulu, Citoyens, pour raison de l’ordre qu’il veut établir dans la comptabilité générale, qu’il soit fait une distinction de la dépense de Tan cinq, de celle antérieure à cette même année, je vous préviens que la somme de 3.000 fr. que je vous ai annoncée par ma lettre du 22 vend''® pour l’hospice civil de Chambéry, doit être appliquée aux frais du service de la présente année.

La liquidation des dépenses de l’an 4, ne pouvant avoir lieu que quand elles auront été régulièrement établies, vous recommanderez aux administrateurs de ne pas perdre un moment pour en rédiger l’état, et sur tout de me faire passer les éclaircissemens que j’ai déjà demandés sur les dots, les pensions viagères et arrérages dûs par l’hospice, a raison de capitaux aliénés.

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