HOSPICE DES INDIGENS
Vû la Pétition ci-contre L’administration municipale de la commune de Laon
Considérant qu’elle s’est assurée de la vérité des faits y contenus, qui loin d’etre éxagérés, sont encore au dessous de la réalité Que ce n’est point sans douleur qu’elle a vu le denument total de cet hospice de Charité, qui par l’aliénation d’une partie de ses biens, est réduit a l’impossibilité de nourrir les pauvres à sa charge.
Que depuis longtems elle a fait connoître ses besoins au Ministre de l’intérieur qui a toujours pro-
Au Citoyen Ministre de l'Intérieur.
Citoyen Ministre,
Les administrateurs de l’hospice des indigens de la commune de Laon, viennent vous exposer avec la plus vive douleur, la triste position dans laquelle ils se trouvent envers leurs administrés.
Parmi plus de trois cens individus dont cet hospice est composé, plus de 180 vieillards, accablés sous le poid des années, la plûpart étant infirmes, se trouvent réduits au pain et a l’eau et presque sans vêtemens. Plus de 100 enfans, l’esperance de la patrie, sont aussi réduits au même genre
PIÈCES JUSTIFICATIVES N® XYII
mis mais dont les promesses sont restées sans effet.
Que le terme est arrivé ou l’hospice ne peut plus attendre aucun délai que rien n’est plus instant que de venir sur le champ au secours des pauvres, et surtout de plus de mille enfants, l’espérance de la Patrie, qui sont confiés à des nourrices qui toujours prêtes à les ramener à l’hospice faute de payement ne les ont conservés jusqu’alors, que parce qu’on les a flatté de voir réaliser les promesses qu’ont à toujours fait, sans qu’aucune ait été effectuée.
Que le Gouvernement sachant que c’est un devoir sacré de sa part de venir au secours des malheureux, dont les besoins sont sa dette, doit se hâter d’ordonner des secours prompts et efficaces en faveur de cet hospice.
Le commissaire du Directoire executif entendu :
Déclaré qu’elle se joint à l’administration dudit hospice, pour inviter le Gouvernement a accorder dans le plus bref délai, les secours dont cet hospice a le plus urgent besoin, et de solliciter une loy pour rendre des biens nationaux en remplacement de ceux vendus, et des capitaux de rentes remboursées,
A Laon, en la maison commune le vingt trois vendémiaire an cinq de la République française.
[Suivent les signatures.)
de vie et presque nuds. Plus de vingt, tant employés que sous employés à differens offices dud.
hospice, sons prêts aquitter leur poste, faute d’etre payés et nourris a proportion de leurs travaux.
Les secours accordés aud. hospice ont toujours été bien audessous de ses besoins, tant par leur retard que parla chûte du papier monnaie.
Plus de mil enfans répandus dans les campagnes chez des nourrices qui en prennent soin, se trouvent aussi dans la plus affreuse misere, sans habits et sans linge.
Nous sommes menacés de la rentrée de ces enfans par les nourrices qui n’ont reçu pour tout salaire depuis un an, valeur en bled que 13 liv. 10 s. Mais qu’en ferons nous? et où les mettrons nous? Le local dud. hospice déjà encombré, et une grande partie des individus étant malades, faute d’alimens, ces enfans viendront chercher une mors certaine, et peut être occasionneront-t-ils une calamité générale dans la commune.
Enfin, Citoyens representans, nous sommes sans moyens, sans crédit, et cet hospice manque généralement de toutes choses necessaires ala vie aux abords d’unhiver.
Nous avons pensés qu’il étoit de notre devoir de vous présenter ce tableau affligeant, le mal est plus grand que nous ne pouvons vous l’exprimer ; nous vous prions aunom de l’humanité souffrante d’y apporter le plus prompt remède.
[Suivent les signatures.)
PIÈCES JUSTIFICATIVES N° XVIIl
SITUATION DÉPLORABLE DES HOPITAUX CIVILS DE PARIS (SEINE), VENDÉMIAIRE AN 5 (Archives nationales, F*®, 301),
Paris, 8 vendémiaire an 5 de la République une et indivisible.
LaCommission administrative des hôpitaux civils de Paris aux Citoyens membres composant le Bureau Central du canton de Paris.
Nous ne pouvons nous empêcher. Citoyens, de mettre de nouveau sous vos yeux le tableau effrayant de la détresse des hospices ; leur pénurie est telle que sous peu de jours, toutes les branches de service vont manquer à la fois ; le service de la décade dernière n’a produit qu’un secours à peine suffisant pour les besoins d’un jour. Dans cette circonstance affligeante, notre devoir, notre responsabilité nous imposent impérieusement la loi, de ne vous déguiser aucun des dangers qui peuvent résulter d’une pénurie sans exemple ; la partie de surveillance que vous exercés sur les hospices appelle également votre sollicitude; nous l’invoquons en ce moment, nous vous invitons à faire vous mêmes les démarches les plus promptes soit auprès du Ministre, soit auprès du Directoire, à l’effet d’obtenir pour la décade prochaine un secours extraordinaire en proportion aux besoins.
Nous devons vous annoncer que du succès de cette mesure dépend l’existence des établissemens confiés à notre administration.
Salut et fraternité.
Signé : Le Camus, Thouret, Soreau et Anson.
SITUATION DES ENFANTS PLACÉS EN NOURRICE DANS LE DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE, VENDÉMIAIRE AN 5.
(Archives nationales, F'®, 310).