‹ La Révolution et les pauvresChapitre 20 sur 192 · liv · texte numérisé non relu

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LES UTOPIES ET LES LOIS

1® Mesures préventives.

Le Comité (4® rapp., p. 119) expose admirablement le but que doit se proposer toute société bien org'anisée en matière d’assistance : « Ce n est pas tout que d’assurer des secours à l’indigence dans les cas, trop fréquents dans la vie, d’accidens ou d infirmités, de pourvoir au sort des nombreuses familles, de protéger l’enfance abandonnée, d’assurer des retraites à la vieillesse sans ressources ; c’est sans doute un devoir impérieux de la société que celui d’assister la pauvreté ; mais celui de la prévenir n’en est pas un moins sacré et moins nécessaire. Toutes les fois que la société met un de ses membres en état de se passer de secours, elle s’enrichit et de ceux qu’elle ne donne pas, et de ceux plus complets qu’elle peut ainsi accorder aux malheureux sans moj’ens. Elle profite plus encore, elle se fortifie de l’espèce d’énergie que l’homme indépendant porte avec lui, et qu’il est si rare, si difficile, nous dirons même si peu possible, de trouver dans celui dont l’existence est toujours troublée par l’inquiétude et le besoin. »

Dans cet ordre d’idées, le Comité considère l’agriculture, portée au degré d’activité et d’amélioi'ation qu’elle peut avoir en France, comme devant exercer la plus haute influence sur l’accroissement de la richesse publique et la diminution de la misèi'e (plan, p. 8). De plus (p. 15), convaincus que la pauvreté s’éteint par la propriété et se soulage par le travail, les délégués de l’Assemblée ne sont pas éloignés dé lui proposer « de saisir la circonstance actuelle pour augmenter le nombre des propriétaires en ordonnant que la partie des biens domaniaux et ecclésiastiques, dont la Nation projette l’aliénation, soit vendue en très petits lots, suffisans cependant pour faire vivre une famille de cultivateurs. »

Le rapport signale ensuite le développement à donner aux défrichements, plantations de bois, dessèchements de marais, travaux de routes, comme devant faire l’objet de la sollicitude des députés, en vue de donner de l’ouvrage aux indigents valides.

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