CHAPITRE III
pas tous les motifs qui vous sont présentés. ceux employés
par le Conseil général de la commune de Dijon... nous ont paru si sensibles, et si frappants que nous n’avons pas hésité à les adopter.»
Les administrateurs des hospices de Montélimard (brumaire an 3) demandent au moins à conserver provisoirement leurs revenus « jusqu’à ce que la Commission des secours publics sufïisament instruite de leur situation et de leurs besoins, y ait pourvu
avec les fonds mis à sa disposition.». 11 est répondu (pluviôse
an 3) que la loi de messidor ne permet pas d’accueillir cette demande, mais qu’il n’y a rien à craindre pour les établissements hospitaliers, puisque « si la Convention a jugé utile au bien général de déclarer nationaux l’actif et le passif de ces maisons elle
a pourvu en même temps à leurs besoins. » (Arch. nat.,F^5^
Le 3 prairial an 3, les administrateurs de l’hospice de Gray adhèrent aussi à la pétition de Dijon « concernant les biens immeubles des hôpitaux qu’il est intéressant d’excepter de la vente des biens nationaux » (même liasse).
Ces plaintes unanimes, la connaissance de l’état effroyable dans lequel se débattent les établissements d’humanité, amènent les législateurs à donner une demi-satisfaction à l’opinion publique en suspendant l’effet du décret de l’an 2 : « La Convention nationale, sur la motion d’un de ses membres, décrète qu’il est sursis à la vente des biens des hospices de vieillards, de malades, d’enfans, maisons de secours et autres établissemens de bienfaisance jusqu’au rapport qui lui sera fait sous une décade, par ses comités des secours publics et des finances, sur la demande en rapport de la loi du 23 messidor (9 fructidor an 3, Bulletin des lois, L’® série, 174, n® 1053),
C’est le 12 vendémiaire an 4 que le citoyen Delecroy dépose son rapport « sur l’organisation générale des secours publics » (in-S®, 42 p.). Le député de la Somme n’hésite pas à faire justice des
1. Conseil général de Châtillon, séance du 4 floréal an 3. Le citoyen Maire annonce qu’il vient de recevoir par la poste un exemplaire imprimé de l’adresse dont il s’agit. — « Le Conseil à l’unanimité déclare qu’il ne peut rien ajouter à la manière lumineuse avec laquelle cette adresse est rédigée » (A. N., Pi’’, 262).
LA SPOLIATION
utopies du Comité de mendicité : « Il est temps, dit-il, de sortir de l’ornière profonde où une philantropie exagérée nous arrête depuis l’Assemblée, Constituante, qui très savamment sans doute, mais très inutilement s’est occupée du pauvre. Depuis cette époque il semble que tous les spéculateurs en bienfaisance aient pris à tâche de pousser sans mesure vers le trésor national, toutes les classes du peuple. Qu’est-il arrivé de ce chaos d’idées? Une série effrayante de dépenses illimitées, des lois stériles et impossibles à exécuter, si on excepte la loi sage du 22 floréal sur les inscriptions accordées aux indigens des campagnes, loi qui seule doit rester debout comme partie essentielle de l’organisation générale des secours et de votre travail, vous ne trouverez dans la plupart des longs projets qui vous ont été présentés, que des idées vagues, des discussions oiseuses et une popularité exagérée dont toutes les racines aboutissent au trésor national.
« Une manie de nivellement, de généralisation dans la distribution des secours, semble avoir encore achevé d’égarer les meilleurs esprits.
«. Posons encore comme principe que le Gouvernement ne
peut pas seul se charger de l’entretien du pauvre ; mais en le mettant sous la sauvegarde de la commisération générale et de la tutelle des gens aisés il doit donner l’exemple d’une bienfaisance limitée comme ses moyens ; il doit faire des sacrifices de fonds, et imprimer ainsi une grande action à tous les rouages qui peuvent mettre en jeu la sensibibté universelle. Celui qui le premier a dit que le Gouvernement devait seul à l’indigent des secoui’s de toute espèce et dans tous les âges de la vie a dit une absurdité ; car le produit de toutes les impositions de la République ne suffirait pas pour acquitter cette charge énorme et incalculable.....^»