‹ La Révolution et les pauvresChapitre 57 sur 192 · LES EMPLOYÉS · texte numérisé non relu

LES EMPLOYÉS

Les établissements d’une certaine importance ont toujours exigé le concours d’employés salariés : directeurs, économes,

25. Constatons cependant que dès le 22 prairial an 8, M. de Barante, préfet de l’Aude, autorise l’exercice du culte catholique dans la chapelle des hospices de Narbonne : « Il ne peut qu’être avantageux, dit-il, de placer à côté de la soulTrance et de la pauvreté les consolations de la Religion et les espérances d’une autre

vie. » (H. Faure, Notes et documents sur les hospices de Narbonne, 1" vol.,

in-8», 1866, p. 307).

26. Le Préfet de l’Orne s’exprime ainsi dans les derniers mois de l’an 9 (16 mes¬

sidor) ; « Les commissions qui régissent ces établissements sont composées de citoyens recommandables par leur zèle, leur probité, leur philantropie, et qui, vu l’honnête aisance dont ils jouissent, peuvent consacrer leur tems à veiller aux besoins de l’humanité souffrante ou délaissée. » (A. N., Fi-’, 387).

27. Ces nominations ne constituaient pas un droit, les Préfets les demandaient généralement à titre de récompense honorifique pour les Prélats dont ils étaient satisfaits; « Le Préfet, disait Portalis dans un rapport, sollicite cet honneur pour l Évèque de ... Cet Évêque a en effet manifesté les meilleurs sentimens, son diocèse a été organisé sans secousses et sans réclamations et il s’est bientôt attiré le respect et l’amour de ses diocésains». D’autres fois, le Maître prenait l’initiative, témoin ce billet: « Monsieur Portalis, chargé par intérim du portefeuille de l’Intérieur, mon intention est que les Évêques de Mayence, d’Aix-la-Chapelle et de Tournay soient nommés membres des Conseils des hospices civils et des Comités de bienfaisance des villes de leur résidence, sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. A Mayence, ce 2'> vendémiaire an XII.» Signé Napoléon (A. N., F'^, 137).

LE PERSONNEL ADMINISTRATIF

commis aux écritures; la loi du 16 vendémiaire prescrit en outre la nomination d’un receveur devant produire ses comptes tous les trimestres. Ces employés sont d’autant plus nombreux que les Commissions administratives ont un chiffre restreint de membres. C’est même sur cette considération que s’appuient les administrateurs de Montpellier pour protester contre la réunion des asiles charitables de la ville sous une seule direction^8.

A Marseille, en l’an 6, par suite de la pénurie des fonds disponibles, on réduit les employés aux écritures : « Nous sommes obligés, disent les membres de la Commission [Lettre du 23 nivôse, n® XXVII des pièces justi6catives), de faire porter la rigueur de notre économie jusques sur les dépenses de notre bureau, nous n’avons qu’un secrétaire et un commis chargé de l’enregistrement des lettres, des mandats et des reçus, et il est impossible que nous fournissions tous les états nécessaires sans une augmentation au moins momentanée de commis ».

Ce personnel est d’ailleurs payé d’une façon fort irrégulière, souvent en assignats 29.

Le 27 thermidor an 3, le directoire du district de Mende annonce « que tous les employés du dit hospice ne veulent plus continuer leurs fonctions sans recevoir un paiement en denrées » (Arch. nat., F15, 233).

A Maurs (Cantal), l’administrateur économe de l’hospice civil (12 pluviôse an 4) : « j’ose espérer aussy, citoyen Ministre, que vous voudrès bien m’accorder un traitement tel que vous le jugerès à propos, il y a deux années que j’occupe cet employ, la municipalité avoit fixé le traitement à trois cent livres, je ne l’ay pas touché faute de fonds j’ay même avancé du mien, mais à ce

28. « Nous savons bien qu’en multipliant les employés salariés il est possible de faire aller pour un tems cette grande machine ; mais les fonds qu’il sera juste de leur accorder seront pris sur la subsistance des pauvres confiés à nos soins et cela suffit pour nous rendre très-réservés dans l’organisation des bureaux...» {Lettre du 12 pluviôse an 5. A. N., Fib, 284).

29. A Mézières (pluviôse an 3), le citoyen Ripotot, directeur provisoire de la maison de bienfaisance, demande un traitement égal à celui d’un directeur des hôpitaux militaires ; « puisque, dit-il, je suis chargé seul de tout le détail de la maison » (A. N., Fi->, 261).

Page 1