CHAPITRE I
prix il n'y a pas de quoy fournir les souliers » (Arch. nat,,
Au Havre (messidor an S), le secrétaire va se retirer pour chercher un autre emploi qui le fasse vivre; il remplit son office depuis 29 ans et, ajoutent les administrateurs, « durant la Révolution jusqu’au 1®*^ vendémiaire de l’an S il a exercé la double fonction de secrétaire intérieur de l’hospice avec les nouvelles gouvernantes, et extérieur pour l’administration, sans cependant avoir touché autre chose que du papier monnoye lors même qu’il étoit hautement refusé par les autres emploiés à cause de sa dépréciation » (Arch. nat., F'5, 302).
Mais c’est à Paris que les plaintes éclatent avec le plus de vivacité ; en voici quelques échos :
« Les instituteurs des élèves de la Patrie se reposant sur la promesse que vous avez faite de leur faire délivrer des fonds pour alléger leur tourment ne savent que penser sur le retard que vous apportez à leur soulagement ; ils se voient poussés par la force du mal, au dernier période du désespoir. » Suivent IS signa¬
tures. [Lettre au Ministre, floréal an 6 (Arch. nat., F^=, 390^o).
Les employés non nourris des hospices civils s’adressent « aux citoyens composants le directoire exécutif de France » pour réclamer les appointements dus depuis le mois de germinal an 5. Ces appointements, disent-ils, plus que médiocres en 1789 ont depuis été réduits d’un tiers «. Les pères de famille sont con¬
damnés dans leur détresse à regarder leurs enfants avec pitié loin de les embrasser avec tendresse ne pouvant répondre que par des larmes à leurs besoins... » [Lettre, germinal an 6. Même liasse).
Le 3 ventôse an 7 (Arch. nat., F^»^ 362)3^, cinq employés de l’hospice de Bicêtre ne veulent pas croire à la mauvaise volonté du Ministre ; ils lui disent : « Elle ne vous est donc pas connue la misère extrême des employés des hospices civils de Paris ! pn vous cache donc la vérité... »
30. Autre lettre au citoyen La Reveillière-Lepeaux (germinal an 6 ; ils se déclarent prêts « à s’engager dans l’abyme du désespoir ».
31. Il existe dans cette liasse des réclamations fort nombreuses de même nature ; les pièces reproduites ici et aux annexes n» XXXVIII le sont à titre d’exemple.
LE PERSONNEL ADMINISTRATIF
Tous ces malheureux sont en effet réduits aux expédients. Les employés de la Salpêtrière écrivent en germinal an 7 (même liasse) ;
« C’est en vain que les employés de l’hospice national de la Salpêtrière présentent aux regards de leurs ci’éanciers les promesses les plus authentiques tant de l’administration des hospices que des autorités constituées supérieures, de venir prochainement à leur secours, ces infortunés créanciers qui depuis 19 mois nourrissent et entretiennent à leurs frais les dits employés n’écoutant plus aucune considération ne cessent de répéter : « nous avons besoin de nos fonds.11 en est parmi eux qui, fatigués de promesses infructueuses, menacent ces employés de les poursuivre, suspectent même leur probité... 11 en est d’autres enfin qui touchés de leur misère leur offraient leurs services qui aujourd'huy leur refusent les aliments les plus nécessaires à la vie... » (Suivent 18 signatures).
Les sommes allouées parcimonieusement sont insuffisantes pour enrayer le mal, et vingt-cinq commis des hospices civils de Paris s’adressent de nouveau au Ministre de l’Intérieur (6 thermidor an 7. Arch. nat., 362): « .On concevra difficile¬
ment, disent-ils, que des citoyens chargés de famille, logés à leurs frais, sujets à contribution, donnent tout leur temps pour le service de la patrie et soient pour ainsi dire oubliés... »
Ajoutons, afin d’être véridiques, que ces employés des hospices civils parisiens peuvent se consoler en voyant qu’ils ne sont pas seuls à souffrir, car, dès le mois de prairial an 5, le Directoire exécutif s’exprime ainsi dans un message ^2 ; « Citoyens législateurs... vous avez demandé qu’elles étaient les mesures prises pour que tous les fonctionnaires publics et les employés fussent exactement payés. Il ne tient pas au Directoire que les paiemens à cet égard se fassent avec l’exactitude nécessaire ; et il se fait un devoir de vous dire de nouveau que ce ne sont pas seulement les traitements des fonctionnaires publics et employés qui se trouvent ■ arriérés mais qu'il en est de meme du service des hôpitaux, des
32. Moniteur universel, n" 251,primidi—Tl prairial an 5. Conseil des 500, séance du 7.
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