‹ La Révolution et les pauvresChapitre 60 sur 192 · LES MÉDECINS · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS

En 1789, les médecins et chirurgiens chargés du soin des pauvres et des malades sont fort peu rétribués 33. Lorsque l’hôpital a une certaine importance, les émoluments sont plus élevés et on peut y gagner maîtrise 34. Mais, ainsi que le remarquent les administrateurs de l’hospice de Nuits, « il ne faut pas juger du travail par la modicité des salaires des officiers de santé, le plus grand désintéressement les a toujours dirigé dans les services qu’ils rendent à la maison depuis plusieurs années... » (Arch. nat., 262).

Certains asiles servent d’écoles de chirurgie ; « Il y a dans l’hôpital des enfants trouvés de Marseille, deux amphithéâtres dont un destiné pour les élèves en chirurgie de la ville et l’autre pour ceux de la maison. Chaque amphithéâtre a son démonstrateur particulier, l’hôpital ne donne des appointements qu’au

33. ïlmoliiments ordinaires : 100 à 200 liv. (Blaye ; Nuits, etc.). Salers (Auvergne) : « Le salaire du chirurgien se porte annuellement à 25 liv. non compris sa fourniture de drogues et médicaments ». Bressuire (Poitou): « Le médecin et le chirurgien étaient autorisés à percevoir sur les octroys de la ville chacun 20 liv. pour leurs honoraires ». Confolens (Angoumois) : « Un médecin à qui pour tout honoraire on donne chaque année quittance d’un intérêt de 30 liv. qu’il doit... » Ruffec (Angoumois) : « Un médecin et un chirurgien visitent volontairement les pauvres, opèrent et suivent gratuitement leurs malades ».

34. A l’hôpital général de Rouen, le chirurgien recevait 960 liv. A l’Hôtel-Dieu de Paris il y avait plusieurs chirurgiens dont deux gagnaient maîtrise au bout de six années. [État des mèdeHns, chirurgiens et pharmaciens en Europe pour L’année 1777, in-8“. Paris, 1777, p. 214).

LE PERSONNEL ADMINISTRATIF

dernier. Le chirurgien gagnant maîtrise est logé dans l’hôpital, il a sous ses ordres plusieurs élèves dont huit enfans de la maison et six externes payant une pension annuelle de 460 liv. Il y a en outre trois chirurgiens logés hors de l’hôpital et ayant dés apointemens ; les deux premiers sont payés par une fondation qui a été faite et sont obligés de venir panser les blessés deux fois par jour, le matin et le soir. Il y a ensuite deux médecins apointés par l’hôpital, dont le zèle mérite des éloges; ils viennent régulièrement deux fois par jour visiter les malades, le matin et le soir, il y a en outre quatre médecins et quatre chirurgiens consultants, n’ayant aucun apointement » [Rapp. du 28 juin 1790. Arch. nat., 226).

A l’autre extrémité de la France, «le traitement des malades de l’hôtel-Dieu de Rouen, l’aplication des remèdes, sont confiés aux soins d’un médecin et d’un chirurgien en chef nommés par l’administration ils sont appointés l’un et l’autre et logés dans la maison. Il y a en outre trois chirurgiens internes du nombre desquels est le gagnant maîtrise. Leur place se donne au concours. Ils sont logés et reçoivent en commun pour leur nourriture une somme de 1550 liv. par an, ce qui fait pour chacun d’eux 516 1., 13 s., 4 d. On reçoit dans cet hôpital tous les jeunes gens qui veulent s’instruire dans l’art de la chirurgie, c’est une école utile à l’humanité elle perpétue, elle étend les connoissances. La composition des remèdes est confié à un apothicaire gagnant maitrise et nommé au concours ; il n’est ni logé ny salarié, ses émoluments ne consistent qu’en un minot de seP» évalué à 50 liv. Cet apothicaire à un ayde pour la préparation des remèdes, celuy ci est logé et nourry dans la maison » (Compte rendu, octobre 1790. Arch. nat., F^^, 232).

Le dévouement du corps médical de cette époque se trouve attesté par l’ensemble des documents. La science est-elle partout à la hauteur du zèle? Il ne nous appartient pas de répondre. On connaît du reste les intrigues, les querelles entre médecins et chirurgiens qui marquèrent le xviii® siècle; la déclaration du 23 avril 1743, restituant aux chirurgiens les droits que leur avait

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