‹ La Révolution et les pauvresChapitre 70 sur 192 · Abbé Loth, op. cit., p · texte numérisé non relu

Abbé Loth, op. cit., p

40. Du Chatellier, op. cit. t. III, liv. VII, chap. ni, p. 405.

LES SERVANTES DES PAUVRES

En brumaire an 2, une relig-ieuse hospitalière de Doué, sœur Jeanne Besnard, est guillotinée à Saumur^E

Au mois de pluviôse suivant, on fusille à Angers les sœurs Mai'ianne Vaillant et Odile Beaujard, attachées à l’hôpitaD^^

Le 7 messidor, sœur Monique, de l’Hôtel-Dieu de Château- Gontier, monte sur l’échafaud, à LavaD^; sa pieuse résignation et son héroïsme étonnent les bourreaux. Enfin, le 8 du même mois, quatre sœurs de charité d’Arras,, amenées à Cambray « la nuit au grand trot », marchent au supplice, n’interrompant leurs méditations que pour assurer à la foule qui les entoure qu’elles sont joyeuses parce que leur sang sera le dernier versé dans cette

ville

11 arrive aussi que les victimes désignées se voient arrachées à la mort par la reconnaissance de ceux auxquels elles ont prodigué des soins. Ces sœurs de Beaufort-en-Vallée, condamnées au. bannissement, sont conduites à Lorient avec des hospitalières d’Angers ; le bâtiment qui doit les enimener n’étant pas prêt à appareiller, elles demandent à être employées dans l’hôpital maritime qu’envahit le scorbut. Quand le navire est sur le point de partir, le major refuse de les livrer; on insiste, il ordonne de fermer les grilles, jurant qu’il répondra par des coups de fusil à toute nouvelle sommation. Les jacobins temporisent, on gagne le 9 thermidor, les sœurs sont sauvées (Cosnier, p. 44).

A Tréguier, on ne peut incarcérer les hospitalières de l’Hôtel- Dieu qu’après le départ des soldats du bataillon d’Etampes, décimés par la maladie et soignés avec un dévouement sans

bornes 45.

A Brest, l’hôpital maritime renferme un grand nombre de sœurs de la Sagesse, chassées d’autres résidences ; après les avoir tourmentées de mille manières, les autorités veulent les

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