LIVRE II, — CHAPITRE II
ejcpulser et les remplacer par des femmes de la ville ; ce projet provoque une sorte d’émeute, la plupart des médecins s’opposent à cette mesure et les marins malades déclarent qu’ils mettront le feu à l’établissement si on enlève les hospitalières^®.
Il est consolant de noter en terminant ce paragraphe que sur beaucoup de points les efforts des administrations locales réussissent à maintenir les religieuses. Elles doivent, bien entendu, quitter leur costume ; les prières accoutumées sont interdites ; les meneurs, les orateurs de clubs ne leur ménagent pas injures et menaces; rien ne garantit la sécurité du lendemain. Du moment qu’on ne les contraint pas à agir contre la conscience, elles supportent tout plutôt que de délaisser les pauvres, les infirmes auxquels leur vie est consacrée.
Les établissements qui conservent ainsi, au moins partiellement, l’ancien personnel se comptent par centaines; indiquons notamment : Paris (Hôtel-Dieu ; hospice Saint-Jacques ; hospice de la charité et hospice de Montrouge ; frères Saint-Jean de Dieu); Corbeil; Montfort-l’Amaury; Saint-Quentin; Soissons; Abbeville ; Montreuil-sur-Mer ; Saint-Lô ; Morlaix ; Laval (établissement Saint-Joseph) ; Uzès ; Romans ; Auxerre ; Tonnerre ; Saint- Mihiel, etc.
Le spectacle de ces dévouements obscurs, silencieux, repose Pâme bouleversée par les scènes sauvages qui désolent la France ; au milieu de la crise que traverse notre malheureux pays, les sœurs hospitalières continuent à faire aimer et hénir la Religion qui les inspire.