Itiiiitiiliondu uouvfrntmtnt lévoiauon-iaiTt
— Al prédation sytUmoiigae "e la R^oi-ii-n. -~ Purmalion du tyiiàme éconotnUjue de la FiodaliU, et ta déeompoiiHon par l'action tiimivticnmaxre.
M. Robinet a rappelé quelques ftùts hisi riques.
Au moment où le parti de la contre- Tolution fait un suprême effort, où l'éo historique représentée par MM. Granier Cassagnac,Mortimer-Ternaux, Taiae, ei cherche, par des travaux opiniâtres, sir bien inspirés, à perdre d'honneur la Friii de 1789 et de 1793, il ne faut pas failli réfuter leurs conclusions.
La Révolution française, inévitable :
tant qu'indispensable, et, par cunséque légitime, s'est accomplie, même dam phase la plus violente, d'après des t dances, par des individualités et par procédés en tout supérieurs à ceux di monarchie agonisante.
Autrement, elle n'aurait pu s'efl tuer.
L'immense ébraoleraeEt que l'on déelgoe sous le nom de Révolution française, mais qui n'est qu'un mouvement commun, à des degrés divers, à tout l'occident .de l'Europe, a été déterminé par le progrès naturel de la ciTilisation amenant cet e société, vers la lin da xviu* siècle et en conséquence de laphilosoptiîe de cette époque^ au passage difficile d'un état social moioa avancé à un étal social supérieur, de l'état théologique et militaire à l'état scieatilique-indusiriei.
Car les deux groupes philosophiques secondaires qui caractérisent ordinairement ce grand siècle, l'école de Voltaire et celle de Rousseau,
atlaqnant l'nD l'autel, l'antre le trAae, ten daieDt, comme la prlDcipale école, œlle à Diderot et des BncyclopédiBleB, au renverse meDt de l'aaciea régime; quoique seul I groupe coDstructeur touIHi ByËlématiquemen réorgaQiser sans dieu ni roi, et fooder un éla BOcial où la Bcieoce et l'industrie remplace raient la tbéologie et ia guerre.
La grande école philosophique du XTliI siècle, avec Biderot pour priudpal représeu tant eu France, comprenait : le groupe eosmo %ist«:Ulairaui,d'Alembcrt, MonKCiLagrange Laplace, Lavoisier, Guylon deMorveau, Ber ttaollet, Vicq-d'Azjr, ButTon, Lamarck, etc.
qui avaient mené loin déjà la ptiilosoptiie na lurelle, t'ëtude scientifique du monde ; t groupe sooiologiste : Moutesquieu, Turgot, Condorcet, Uueenay, Gournay, Mirabeau l( père, etc., qui avaient délinitivement aborda ia science politique ; le groupe moralitte :
Diderot, d'Holbach, Georges Leroy, de Brosse, etc., qui s'étaient plus spécialement pris k la Bcience de l'homme.
Cette immortelle pbalange de savants et de peuBeurs était loinj du reste, d'être bornée à la France; pour ne citer que les plus illustres parmi ceux qui s'y rattachaient immédiate-
ment en Occident, noue rappeUwoofl les noms de Beccana, Kant, etc., et e&rtout celui de David Home, génie profond et universel, qui, comme Diderot, se livra aux plus fortes spéculations sur la politique, Bur la phiioBopbic ei sur la morale (t).
Mais la disproportion spontanée et eu quelque sorte fatale (vu la di&îcullé inégale i des deux efforts) entre la vitesse du mouve- ; ment de décomposition de Tancieii régime et de recompo.-'itiûn du résiime nouveau, fit qu'à ce momtint rét>raiilement occidental ne pouvait amener qu'une crue sociale, c'est-àdire tme aspiration avortée vers l'état de civilisalion supérieur, portant le coup décisif au régime antérieur, et posant, soru h résoudre, le problème de la réorganisation actuelle.
Tel est, en effet, le caractère de cette grande période bi8tori{]ue ; telle est aussi la cause principale de la direction vicieuse qu'a suivie la Révolution et du résultat incomplet qu'elle a obtenu, son principe, ou la destruction de
t. Ce OBracEère d'occidenialité a'affiraia oScielieiO' m, en si;|>tunibre ITJt, p»r la nomiaaiiun d'ètr4ni;ers â U llonvenlion oaiionale i le baron de Ctoou, Tboma* Pajaa, Prùitlsy ei plui UaA Adam
l'ordre ancien, et son but, ou la reconstrnc tion de l'ordre moderne, étant en discordani radicale de tendances et de moyens, à caui de celte préparation trop inégale des deux op rations.
Quoi qu'il en Eoii, dès 1789, la crise éta aussi indispensable qu'inévitable, bien quel réorganisation ne fût point préie.
Elle pouvait seule dévoiler assez la caducil sociale irrémédiable d'où elle résultait, surtoi caractérisée par la décadence et le diecréd croissants de la royauté et de ses principau organes administratifs et militaires; caducil encore assez dissimulée, cependant, pour per mettre au système de durer quelque temps ( de relarder la marche de la société.
^ Elle était aussi seule capable de faire ap précier l'essor des éléments sociaux qui soa le fondement nécessaire du nouveau régime les savants, les artistes et les industriels, alor c6nceniré3 dans le Tiers-état, comme ie nobles et les prêtres étaient la base de l'anciei régime.
Seule, encore, elle pouvait mettre en lumière l'impuissance des principes critique pour réorganiser la société, et faire sentir li nécessité d'une nouvelle élaboration', orga
aiqne et positive,' de la philosophie politique permettre à l'esprit directeur que ferait surgir la situation de construire la conception de l'ordre nouveau ; donner an public l'émancipation nécessaire pour qu'il puiase comprendre et suivre la rénoyalion.
Entln, la crise était inévitable, parce qne l'ancien régime dévorait, à proprement parler, la société actuelle, qui ne pouvait plus l'en» trelenir et le supporter.
Mais, quoique le besoin de réformes fût alors commun â tout l'Or.cident, c'est-à-dire aux grandes nations associées depuis Ciiarlemagnedans l'œuvre de la civilisation générale, France, Italie, Espagne, Angleterre, Allemagne, comme le prouvent les efforts des Pombal, des Campomanés, des d'Aranda, des Joseph II, et surtout du grand Frédéric : c'est ea France qu'il s'ëiait caractérisé, et que le double mouvement de décomposition du régime aDCien, ou d'émancipation théologique et politique, et de recomposition du régime nouveau, c'est-à-dire du dëveloppecnent simultané de l'industrie, de la science et de la philosophie, était le plus avancé ; c'est pourquoi elle devait avoir l'initiative de la crise, ou de la Révolution.
Tont l'indiquait : et la mâmerable expnleion des Jésuites, en 1764, boub Louis XV, par cette royauté même qu'ils voulaient rétablir dans son ancienne suprématie ; et ^aTO^ tentent de la grande tentative Taite par Turgot, de 1774 à 1776, qui indiquait assez la nécessité d'une énergique inturveniion nationale coalre les abffs monstrueux désormais inhérenla à la politique rétro^'rade; et la guerre d'Amérique, qui témoitinail liauifmeni de l'univpr- BPile (tispositiou di-s esprits français eoïers rcbranlemeul dik-isif,
Aiiieiiéi; [Kir l'irrévocable di^rom position de l'ancien n^gime, lu llévoiulion fie présenta donc, des son début, comme étant surtout destinée à opérer une rtïgéuérntion dtri'cte de la société occideiilali', idées, mœurs, inalitations, d'abord et sunoui en France; régénération pour laquelle la destruction, quelque indispensable qu'elle fût encore, n'éialt cependant qu'un préambule secondaire.
Or, comme nous t'iïons déjà fait pressentir, la doctrine on<anique nécessarre pour assigner le véritable cara<:lëre de celle reconstrcution n'étant alors ni constituée, ni répandue, la philosophie négative, ou révolationnaire, élaborée dans les trois siècles pr4-
cédents, se présentait eenle pour âirJKer le iQOii'TeDient.etroDpeatJD^rparavaDcedeBOQ insuESsance k cet égard, puisqu'elle ne Bavait que pousser à énerver et à allénner de plus en plus les andi>nnes autorités, soiL à considérer comme étant la solulton définitive du problème social actuel d'apporter à leur action des restrîrtions de plus en plus accusées, sans prétendre aucunement à les remplacer défiaitivemeat elles-mêmes par les éléments de l'ordre nouveau, c'est-à-dirë par un système philosophique et politique où les savants et les industriels, en vertu d'idées positivKS et de diaposilions fraternel les et pacifiques à eux propres, aurai>'nt la direction de la société; systëine qui supposait nécesiairement la substitution de la république à la royauté.
L'inévituble aEceiidant de la doetrine critique devait donc assurer, pendant la grande crise, la prépondérance sociale aux métaphysiciens et aux lé-^isieB (<'t, parmi ceux-ci, non plus aux juges, déHnûivement incorporés à l'ancien régime, œats aux avocats), enÂo aux poblicisies et ans littérateurs capables de propager par la parole et par le livre ou le journal les eoQoeptiont des penseurs révolutionnaires.
UaiB avant d'apprécier dans son ensem) celte RévolatiOD, dont nous reDoos d'indiqi le caractère général, le siège priacipat et agents spédaox, nous devons revenir arrière et dire quelques mots de la grau tentative de rétormation gouvernement! dont DoaB avons déjà parlé.
On peut concevoir, en supposantà la natu humaine plus de force mentale et mor; qu'elle n'en a eiTectivemen [, et à la çondu: des événements politiques plus de préVoyan .^ et d'esprit de suite qu'elle n'en affecte d'ord ,N naire, que la Révolution française aurait ) s'opérer Bystémaiiquemenl, par en haut, c'es à-dire d'après l'effort d'un gouvernement su fisamment éclairé et dévoué au bien publi
Cette hypothèse est d'autant plus légitiu qu'elle aurait précisément pu se réaliser f par exemple, le grand Frédéric avait surgi la place de Louis XVIj ou si celui-ci, seul ment, avait été capable, comme Louis XI avec Richelieu, de subir l'ascendant d ministre si parMtement apte à comprendre '
oatare, retendue et l'exécution de rîndispen> sable réf^né ration de l'empire.
Nous avons nommé Targot, homme d'Etat véritable, qui Be trouva effectivement investi de la puissance minislériellç, raais à qui l'jndiBpensable adbësion du roi fit définitivement défaut.
La solution, dans le cas hypothétique que nous coQsidérons, ei éminemoienl favorable au succès de Ja Révolulion, aurait coQsîsté dans l'avènemeot au Irûne de France d'un roi qui, spontanément ou sous l'iuflueace de son premier ministre, aurait sciemment et voloillaireraeat transformé la prépotence mouarctiique, la dictature rétrograde des Louis XIV et des Louis XV, en une diclature progressive, c'est-à-dire en une présidence républicaine caractérisée par l'inslitution de Vhérêditi sociocratique [ou choix de son successeur par le chef du pouvoir lui-même, d'après la considération du mérite), combinéeavec le maintien de l'ordre matériel et le respect de la liberté spirituelle, et s'appuyant, pour gouverner, surles élémeats de la nouvelle société, sur les industriels, sur les philosophes et sur les savants, principalement sur la grande école des Pbysiocrates et des Encyclopédistes.
3f. Mignet a certaiDeramt en le aentimeiil de celte éventnaiUé historique lorsi|u'll a écrit ea parlant de Louis XVI :
« Il auniil pu, de celte manière, reelaorer aon pouvoir, vt se ffiranlir des excès d'une rérolulion en l opérant lui-mime. Si, prenant ^initiative des changements, il avait jixi avee fermeté, mais avec justice, le nouvel ordre det choses; si, réalisant les vœux de la France, il eût délerminè les droits des ciloycns, les attributions des Etats généraux, les limites de la royauté ; s'il eût renoncé à l'arbitraire pour lui, à l'io^alité pour la noblesse, aux privilèges pour les corps ; eotln. s'il eût accompli toutes les réformes qui étuieni réclamées par l'opinion, et qui furent exécutées par l'As- Beniblâe constituante, celte résolution aurait prévenu les funestes disseasious qui éclatèrent pi is tard (I). »
GepHndaot, tout récetutnent encore, à l'Académie et dans le jnunialisme, des esprits coa fiidérés et de beaucoup depréteniion, des politiciens tout à la politique de résultats, ont nié la valeur même de Turgot^ parce qu'il échoua dans sa grande entreprise; — « Ue qui carac-