Bietoire de la Ritolutio» /twi^tM
lâri§e le véritable homma d'Ëtat, c'est le «iccëa. Oq le recoanalt Bortont il ce signe, c'est qu'il réussit ■ ; — et ont trait* de • niai- Berie loleonelle », de a vieille tbèse d'école si reasassËe et puérile », de a question qui n'a jamais vain la peine qu'on la posât », cette hypothèse de la Révolution par en haut, que nous venons de résumer.
Or, d Tui^ot ne réussit point à rester an ministère, et l'on sait pourquoi : ta Ligue contre les réforma l'esplique assez; il n'en sut pas moins, eo un an, améliorer les Ilnancesde l'Etat de près de 35 millions, ce qui, pour un contrôleur-général, surtout à ce moment, est un résultat assez palpable; d'autant mieux qu'un mois après son renvoi il Fallut établir une loterie royale pour combler le nouveau déficit rt faire lace aux dettes criardes.
Sans parler des molirs loj^ques qui autorisent pleinement notre faypoibése, motifs si décisifa pour juger la marcbe qu'aurait dû suivre la Révolution, les raisons bistoriques, on de fait, dont on peut l'appuyer, nous Bembleul donc répondre suffisamment k de pareils dédains, que le succès, les résultats obtenus jusqu'à ce jour, en France, par le parlementarisme constitutionnel, ou même démo-
cratiqne, ne Baoraient ossurémeal justiSe Tui^t se proposait, en effet, et proposa i roi : sous le rapport économiqut, saaa banqu route. Bans augmeatatioa d'impôts, sa emprunt, et seulement en accroissant ]a pr ductioD, la ricbeBse nationale, et en diminua les dépenses de la Cour, en adoptant l'éc Domie et l'ëgalisatioa des charges publique d'arrÎTer à l'équilibre du budjet et à l'e\tin< liOQ de la dette, par la suppression des corvée des jurandes et des maîtrises, soit par l'établi semeut de la liberté du commerce et i l'industrie ; en politique,à'écaTler toutes les di Acuités provcDues de l'arbitraire et du despo tisme de l'ancien régime, par T'ëtablissomei du système municipal, ainsi que d'une reprt sentation provinciale et nalionale pour touu les questions d impôts et d'intérêts populaire! dVtTectuer la sépai-aiion de l'Ë^ilise et d l'Etat, quenous attendons encore aujourd'hui euiin de procéder à la suppression des fou dations,substitulions et droits demain-morte qui aurait atteint la noblesse et surtout 1 clergé, au profit de la nation. A celle-ci, i réservait, dans ses desseins les plus élevés, ui Taste système d'instruction publique qui m devait pas di&érer beaucoup, eans doute, di
celui que sou illuatre ami, GoQdorcel, pré- Benta plus tard à )a Conveatioa nationale.
Turgot voulait donc, ou à peu près, ce qu'effectua bientôt, malgré le roi, l'Assemblée constituante. Tout ce qu'il projetait était donc réalisable, et l'aurait éié d'autant mieux qu'à la place de Louis XVI se seraient trouvés des hommes comme Frédéric de Prusse ou comme Louis XIII.
Voilà pourquoi l'hypothèse de la Hévolotion foite par eu baut, par Turgot assisté des tiommes de 83 appelés au gouvernement, n'est point un procédé caduc.
Mais Turgot trouva surson chemin de réformateur, d'abord et nécessairement, tous les privilégiés de l'ancien régime, les courtisans, Je clergé, les nobles, les Parlements, les fiaaaciers, puis ta Cour, ayantà sa télé Marie-Antoinelie d'Autriche, qui entraîna bieniâc dans la résistance le roi lui-même, quoiqu'il eût d'abord formellement consenti les réformes.
Turgot fut brisé! (1)
1. Voici ce qu'on lil k cet ègsrd dans la correspondance de la Reine de Franc» avec sa mère l'itnpéralrioe Marie-TbérËBe :
Lettre LSXVI, Marie -Àntoinetu, à Marie' Théréte:
La reeponsalité 4e Ba cbnte pesa bientôt d' poidd terrible enr Lonis XVI, et le renvoi ministre restera danslliialoire comme sa prj cipale faute politique.
Par cette faute, ou plutôt par ce prenii crime social, la Râvolution devait déàormi
n M. de MalrcherbM » quitté le nfnistj
avant-hier, il a élé remfilacé iniil de sulie f U. Ametot. là. Turbot a élé rtnrnyé le méine jo el U. de CluBUT ■« rempla<»:ra. J'avuneUma ctië maiDan 91M Je ni< tuii poi fdeMt de us ttépan mais je ne niVn suis pas mMe, >
Lettre LXXVU, MarU-T-mw à Uarie-AntO' tietle :
■ Je sois bien contente que voua a'»m poii
pont tant bien iir. la rèputniondane le public at qi n'uni m-mciiié à mon ari» quedaviiir iroii fnlre.iir k la fiiis. V nus dues qiiBvons n'en èles pas tilclii^e
biic dfpuiB un temps ne iiurle plus a?fc inn d'é ln({fs de TOUS, el vou- attribue tout Aetntltpeliu menéei, gui tit uiaitnt convenabtes û von plar.'.' Hanii^ Thbbesiï dno Haris ANTOii<BTTi,Leipiig
Satili^r 1S6K.
Piiur carnprenJre tonte la portée, en même temp que la reti-nue de la lettre de l'imprralrice d'Au triche à la reine de Fmnce, il faut sa rappel«n qm 'Marie-TliiirËae était instruite par le ecimie deUeruj Ar|;eniau, son ambaMadeur i. P;iris, dei rails ei
f sites de sa Bile, et que celle-ci avait trempé d4ni intrigne du renvoi de Turgol, jusqu'à demande) an roi qu'il fût enfermé Ji !• BtitiUe,
s'opérer empiriqnemeiit, par m ba$, c*eat-kdire en dehors (fnGoaT^neinenl et contre loi, par des efforts epontaDts, Tiolenls, proporlioanéB aux résistances.
La partie négative de la RéTolutioo française, la seule qui soit accuinplie, présente trois phases distincies et successives : l'noe préliminaire et ^urloul parlementaire, qui Ta de 1789 au 10 août 179'2 ; la seconde, du 10 ao&t au 16 germindl aa II (mort de Uaiiion), qui constitue la période décrsive et caraclériatique : la dernière, d'avril 1/91 à 1815, de l'avénemeni ofScicI de Kobeopierre à la chute de Napoléon i", phase issiuliellemenl rflrojrade. qui coDFOmoiG ravortement de la Révolution î la France étaut restée depuis dans un statu guù eariiciérisé par des alternatives d'anatcbie et de rétrogradation.
Préparés par les dnq siècles d'évolulion antérieure, l'Orcident et surtout la France étaient mûrs pour cette grande iransfommion, mais il Mlait une occasion pour commencer le
mouvement, ce fat la convocation des Ëtatagéoéranx, presque universellement demandés et dont la royauté prit forcément l'initiative.
On sait an milieu de quels entliousiasmes e de quelles espérances les députés du Tien furent cboisis.
Cette élection, vraiment solennelle, était dt reste facile.
Dans une i;énération instruite et élevée pai la ptiilOBopbie du xviii* siècle, pleine de lumières et desentioients généreux, d'iutcatiOQf pures et de désirs du bien public.dans cette partie de la population qui était bien réellement l'élite de la nation, les électeurs du deuxième degré n'avaient qu'à prendre pour ainsi dire au hasard, avec ta certi lude de bien tomber.
Aussi la Constitufinle, qui dura du & mai 1789 au 30 septembre 1791, eut-elle pour se diriger et se faire entendre des individualliés de la plus baute distinction.
D'abord, un homme d'une force incontestable en politique, sinon tout à fait un homme d'État, l'abbé Sieyès le père de la Goostilution de 91, esprit très-éclairé, déjà consacré par la popularité d'un écrit justement célèbre. Il exerça la plus ((rande influence sur les discussions de l'Assemblée, sur les travaux de ses
comités,' et doit être coneidéré comne sou véritable cbef. Ensuite elle eut un grand orateur, un porte-vois illaslrs, quoîqas non pas un politique réel et hoaorubie, Mirabeau, esprit aussi brillant que Buperliciel, nature monstrueuse, aussi perQtle que corrompue I Elle eut ua homme d'épét : Lafayette. Énfln elle cocupta beaucoup d'autres capacités dans l'ordre législatif, administratif et politique, les BaiUy, les Duporl, les Lametb, les Barnave, les Cbapelier, les d'Audré, les Tbonret, les Desmeùnîer, etc.
Néanmoins, en dépit de eoa ardente aspiration vers une régi^oération totale de la société française, malgré la vigueur avec laquelle elle procéda au déblaiement des institutions de l'ancien régime, die crut que la conservation de la royauté était nécessaire, compatible avec ja réforme qu'elle pouri^nivait, et qu'il était BuOisant de la re.^'treindre et de l'énerver.
C'est cette illusion inouïe qui donna à toute cette phase de la Révolution son caractère incomplet et préliminaire, mal^^ré les résultats considérables qu'elle obtint, mais qui fussent de\>muB eux-mêmes incertains, sans l'effort définitif effectué dans la phase suivante par la Convention.
Lai premièn Ammblée nationde ^nçaii dttt donc eanslammeiit s'effi)rcer d'établir cbt Bons, malgré la différeai^e profonde Aea anlé cédents historiques et des diapositionsactaelle! la coDstilution ans;laisi', bd prenant □oii' baate Iwurfri'oisit; et l'Ëarlise gallicane à 1 place de l'iiriRlocrutie mdu proti-stanti^me bri lanoiques, pour ; faire contre-poids, soi-disaDi à la royauté.
De là celte Tatale détermination qui ameni la eontUtution civile du clergé et la séparatiOG croissante des chefs industriels et des masseï ouvrières placées sous leur patronat et associées à leurs travaux, alin d'unir de plus ei plus, selon l'esprit anglais, les riches aui classes aristocraliques el rétrogrades.
On sait quelle funeste influence cette donbJE mesure enerçadès lors et depuis sur lamarcbc de laltévolulioD.
L'implanlaiiondelacoaslilulioDd'AQK'Pterre en France était profondément irrutionnelle, un tel t^pc politique s'éiant dévelopi^ d'apréa des conditions toutes particulières à ce pays et ne pouvant convenir au nôtre, dont les antécédents historiques étaient absolument différents. Car, au lieu de descendre, comme on l'a tant de fois prétendu, de l'antiqne légjms
aaxoa, le lystAme anf^l&is repose tont entier sur la prépondérancF d'iu élémeol social te- ' m^nateor, Varittocratie, que la royauté avait, au contraire, euliëremeat abaii<sé et atibor* donné cUft noDS, et que la Révolaiioa ne voulait ni oe devait rt^lever, La Constituante elle-nfiÊme, en repoosannt le Tole par ordre, avait supprimé Itiiite di»;tinction entre la noblesse et '■> Tiera-Êiat, anéanti le principe de la pairie c. ôté toute analogie entre les fonneB des gouverncmeniB anglais et français.
D'autre pari, l'Assemblée constiluanle française, d'après sa foi entière aux principes négatiTs, à la doctrine révolutionnaire, qui poussaient fatalement à restreindre k l'infini le pouvoir central, le gouvernement, pour exalter et rendre ab^^olument i ml étendantes les forces locales, Buituut les municipalités, l'Asai-mblée, disons-nous, tout en s'abstenanl d'alMitir la royaolé, et qnotr^n'en améliorant beaucoup la situation administriilive sous tous les rapports secondaires, procéda t une sorte de désorganisation politique du pays, où les districts devenaient autant de petites républiques.
Or, il est aisé de concevoir quelles difficultés cette situation pouvait apporter, k l'iota rieur, & l'accooiplisBemeat de la régéoéntiou
natioaale eUe-méme, si la passion du moment l'obéissance aul lois, venait à se raleolir ou i changer d'objet, ei, au detiors, à la défense e aa maintien de l'inCégrilé du foyer de la Ré' volution ; enfin, quelle force disponible eJI( offrait & la royauté, toujours présente et s'acbarnanc à reconquérir son ancien ascendant.
Auguste Comte a laissé sur la Coostituantc on jugement que nous devcas eu partie rapporter ici, pour compléter ce qui précède :
« Dans le degré initial, dit-il, le besoin de régénéralion, encore trop vaguement ressenti, semble pouvoir se concilier avec une certaine conservation indéfinie du régime ancien, réduit à ses dispositions les plus fondamentales, et dégagé., autant que possible, de tous les abus secoodaires.
« Quoique cette première époque soit commuoément jugée muins métaphysique que la seconde (celle de la Convention), les illusions politiques y étaient cependant bien plus pro* tondes, d'après une tendance absolue aux combinaisons les plus contradictoires.
■ On y était certainement plus éloigné d'aucune saine appréciation générale de la situation sociale ; l'absence de toute doctrine réelle y cOQduisait davantage à. l'intime confusion du
gouvernement moral avec le goavernement politique (1); par suite, enfio, un irratioauel
esprit réglementaire y obtenait une extension plus arbitraire, et y conduisait à de plus complètes décepliOQB sur l'éternelle durée des institutiÔQS les moins stables ; eu un mot, jamais position aussi provisoire n'a pu paraître aussi délînilive.
« Suivant notre théorie historique, en vertu de l'euiiére condensation antérieure des diver^ éléments du régime ancien autour de la royauté, il est clair que l'efTort primordial de la Révolulioa française pour quitter irrévocablement l'antique oroanisation devait nécessairement consister dans la lutte directe de ta puissance populaire contre le pouvoir royal, dont l:i prépondérance caractérisait seule un tel système depuis la lin de la seconde phase moderne. Or, quoique cette époque préliminaire n'ait pu avoir, en eFTet, d'autre de-tinalion po* litique que d'amener graduellement l'éljmi-