MADAME I
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Ainsi menacée, provoquée, désespérée, lu Révolution gagnait chaque jour en audace. Flic montait toujours plus haut A mesure que le danger s'amoncelait autour d'elle; le jour vint où ses représailles, nées de la force des choses, appururent comme un système A l'esprit de quelquesuns. Ceux-ci entreprirent de maintenir A cet état d’exaltation la nation française, aussi longtemps qu’il restait un obstacle A vaincre (1). » Ainsi parle Edgar Quinet dans son admirable livre sur la Révolution française, et nous avons voulu, en publiant ici ces extraits d'une si superbe éloquence, exposer clairement au lecteur la fatale nécessité historique de la Terreur, dont nous déplorons les cruelles, les inutiles et les impolitiques violences. Voici la gracieuse image d'une des plus intéressantes victimes de la fureur aveugle des passions populaires, d'une de celles dont U figure a grandi sur l’échafaud, en jetant une ombre sinistre sur la statue de la Liberté, dressée près de l'instrument de mort. Elisabeth de France, petite-fille de Louis XV, sœur de Louis XVI, belle-sœur de Marie-Antoinette, fut conduite A l’échafaud le 10 mai 1794. Elle fut admirable de courage devant le Tribunal révolutionnaire, et ce courage ne devait pas d’ailleurs faiblir un instant devant la mort. Vingt-quatre tètes tombèrent avant la sienne. Écoute/, ce que dit de ce lugubre drame Louis Jourdan, dans son livre intitulé les Femmes devant l'échafaud : •< Chaque fois que le couteau tombait pour remonter, rouge de sang, des applaudissements éclataient dans la foule. Madame Élisabeth demeurait impassible. Son tour vint enfin: elle gravit sans faiblir les marches de la plateforme. Dans un brusque mouvement qu’il fit pour l’attacher A la bascule, le bourreau dérangea le fichu de la princesse et ««couvrit son ipaulc; elle tressaillit et fit un effort instinctif pour rompre scs liens. Mais se voyant impuissante : « Au nom du ciel, dit-elle au bourreau, couvrcz-moi ! » Un instant après sa tête roulait au pied de l’échafaud. »
(1) La Révolution française, pur Edg«r Quinet.
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EXECUTION DE MADAME ÉLISABETH
EXÉCUTION DE MADAME ÉLISABETH
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PORTRAITS ET AUTOGRAPHES
Jérôme: pktion, maire de paris
Ce cadre symbolique oû se profile la ligure de Pétion indique atsci la popularité dont jouissait cet homme politique, surtout lors de la fête de la Fédération. Il était maire de Paris à cette époque, et son ascendant sur ln foule était si grand, qu'on l’appelait familièrement le roi Pétion. Il fut de la Constituante et de la Convention. II fut même le premier président de cette grande Assemblée. Lors de U fuite de Varennes, il fut nomme avec Latour-Maubourg et Bnrnave, commissaire de l’Assemblée pour ramener le roi il Paris. Il a laissé il ce sujet une relation manuscrite (Voir aux Archives nationales) où, avec une exquise fatuité, il raconte la passion imaginaire inspirée par lui à Madame Elisabeth. Cet écrit est d'une lecture désopilante. A la Convention, il associa sa fortune politique à celle des Girondins. 11 accompagna Burot dans sa fuite, et mourut comme lui dans les forets du Bordelais, dévoré par les loups (juin 1794).
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FAC-SIMILÉ d’un AOTOORAPIie nr, DUMOUIUEC (Collection de M. I.rwrjr» Csiu )
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