‹ La Révolution FrançaiseChapitre 195 sur 303 · L’AGONIE DE ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

L’AGONIE DE ROBESPIERRE

L'agonie de Robespierre fut longue et cruelle. On l’apporta sur une planche au comité de Salut public.

Il fut dépose' sur la table de la salle d’audience, qui précédait celle où le comité tenait ses séances. « Une boîte de sapin, dit la relation à laquelle nous empruntons ces détails, fut posée sous sa tctc. Elle contenait encore des échantillons de pain de munition, envoyés de l’armée du Nord. Il resta pendant près d’une heure dans un état complet d’immobilité, qui fit croire d’abord qu'il avait cessé d’exister. Enfin il donna quelques signes de vie et commença à ouvrir les veux. Son sang coulait abondamment, sa chemise en était toute souillée. II n’avait ni chapeau ni cravate. Son habillement sc composait d’un habit bleu ciel et d'une culotte de nankin; il avait des bas de coton blanc rabattus sur ses souliers. Ses collègues des comités de Salut public et de Sûreté générale l’injurièrent grossièrement, le frappèrent, lui crachèrent au visage. Il y en eut même qui poussèrent l’atrocitc, dit-on, jusqu’à lui porter des coups de omit. Robespierre souffrit tous ces outrages avec une patience et une résignation inaltérables... Après le pansement, le chirurgien fit placer près de lui une cuvette pleine d’eau Robespierre * en servait de temps en temps, et retirait le sang qui remplissait sa bouche avec des morceaux de papier qu’il ployait à cet effet en plusieurs doubles, de sa seule main droite. Au moment où l’on y pensait le moins, il se mit sur son séant, releva les bras, sc glissa subitement au bas de la table et courut sc placer dans un fauteuil.

A peine assis, il demanda de l'eau et du linge blanc.

A quelques mouvement» convulsifs près, on remarqua presque constamment en lui une grande impassibilité. »

La mise hors la loi dispensant Robespierre et scs amis de tout jugement, ils comparurent devant le Tribunal révolutionnaire dans l’après-midi du m thermidor, pour la simple constatation d'identité. A quatre heures de l’aprèsmidi ils furent conduits à la place de la Révolution, où l’échafaud était dressé.

Les rues étaient remplies d’une foule immense qui poursuivait de ses imprécations la fatale charrette Couthon avait conservé tout son calme, Robespierre et Henriot étaient presque mourants des suites de leurs blessures.

Saint-Just promenait sur la foule hurlante un regard calme et méprisant. Robespierre affaibli par tout le sang qu’il avait perdu sc soutenait à peine. Quand il eût gravi les marches de l'échafaud, le bourreau arracha violemment l'appareil qui couvrait sa blessure. La douleur lui fit pousser un cri, le seul qu’il fit entendre. Pas une parole de découragement ou de colère ne tomba de leurs lèvres au moment de mourir. Ce fut un silence stoïque que ne traversèrent ni les chants des Girondins, ni les imprécations des Dantonistes.

La réaction soutenue par la contre- Révolution rassurée sc signala par cent quatre executions à mort, dans les journées des io, ti et 12 thermidor, lesquelles ne furent que le prélude d une immense boucherie qui ensanglanta la France entière.

aoaurisiMK amen é dlk*s* dans i/asti-mlli: di ..mur* de salit public, le 58 juillet Hfli

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