LA TOUR D'AUVERGNE
On a pu dire que du commencement de la Révolution à la fin du Premier Empire, les figures des héros encombraient l’histoire.
Mais de toutes ces figures, aucune ne brille d’un plus pur éclat que celle de La Tour d’Auvergne, surnommé le premier grenadier de la République. Théophile Malo Corret de La Tour d’Auvergne, naquit à Carhaix Finistère) le a3 novembre 174?. Il fut tué au combat d'Oberhausen (Bavière le 37 juin 1800. Sa vie entière dont le récit constitue aujourd’hui une sorte de légende nationale, n’est qu’une suite ininterrompue d’actions héroïques et généreuses. Dans cette revue illustrée de la Révolution française, sa figure devait forcément apparaître ; son absence eut laissé dans cet ouvrage une regrettable lacune. Malgré son éducation littéraire qui était très solide, il se décida à vingt-trois ans à embrasser la carrière des armes et entra dans le corps des mousquetaires. C'était en 1767. Quand éclata la Révolution, il en embrassa les principes avec ardeur. Comme son colonel le pressait d’émigrer avec lui et scs autres officiers, il lui répondit avec hauteur :
« Je m'étonne que vous soyez assez hardi pour me faire une aussi infâme proposition.
Prenez tel parti qu’il vous plaira; je ne me règle point sur les autres, et toute l’armée émigrerait, que je n’émigrerai pas. » Et longtemps après, il disait à son ami, le tribun Roujoux : « Si j’avais abandonné la France, je n’y serais jamais rentré, car on ne revient point dans le pays qu'on a trahi, sans être soupçonné de méditer une trahison nouvelle. » Ces seules paroles donnent l’idée de ce qu’était l’ardeur de scs sentiments patriotiques et républicains. Il fit la campagne de 1 1 année suivante, il était envoyé à l’armée d Espagne, modestie lui fit refuser tout grade au-dessus de capitaine.
dans leurs conseils, imaginèrent de rassembler sous scs ordres toutes les compagnies de grenadiers, qui ne comprenaient pas moins de huit mille hommes. On pourrait écrire un volume en faisant le simple récit des héroïques faits d’armes de ce soldat extraordinaire. Ce livre a d'ailleurs été fort bien fait par M. Eugène Garcin Malo Corret de La Tour d'Auvergne , le premier grenadier Je la République française, in- 18). Criblé de blessures, couvert de gloire, il revint dans sa chère Bretagne en 1797, après une dure captivité chczles Anglais. Il y vivait dans le plus profond recueillement, plongé dans l'étude des lettres, avec son vieil ami Ix Brigant, lorsque la réquisition enleva à ce dernier son cinquième fils. Les quatre fils aînés de Le Brigant étaient déjà morts sur le champ de bataille. 1-a Tour d'Auvergne s'offre à remplacer cet enfant. Il réussit à faire accepter son offre généreuse à son ami, et va rejoindre en Suisse Masséna, qui le replace à la tète de ses grenadiers. Il fit des prodiges*à la bataille de Zurich, puis la campagne terminée revint en France. Le 7 messidor an VIII, nous le retrouvons en Bavière où il est tué sur le champ de bataille d’Oberhausen. Voici un passage de l'ordre du jour, par lequel le général Dcssoles annonça la triste nouvelle à l’armée :
« i- Les tambours des grenadiers de toute
l'armée seront voilés pendant trois jour» d’un crêpe noir; a" Le nom de La Tour d’Auvergne sera conservé à la tête du contrôle de la compagnie de la 46' demi-brigade où il avait choisi son rang. Sa place ne sera , 3- 11 sera élevé an monument sur la. hauteur d'Oberhausen. au lieu
,9» a l'armé, de, Alpes; pu», ^ Toor Auvergne a été tué; 4' Ce monument consacré aux venu, et
OÙ il se couvrir de gloire. S mis sous U sauvegarde de tous les pays . .
Mais ses chef, gu, I appelaient au g