‹ La Révolution FrançaiseChapitre 30 sur 303 · LES VAINQUEURS DE LA BASTILLE · texte numérisé non relu

LES VAINQUEURS DE LA BASTILLE

leurs libérateurs leur faisait croire à l’arrivée des bourreaux chargés de mettre un terme à leur existence. — « Plusieurs étaient si faibles qu’ils s’évanouirent en voyant des hommes armés marcher vers eux ». « Pas un recoin n'échuppa aux investigations ardentes de Ij foule. On sonda la forteresse jusqu’en scs plus noires profondeurs et on en rapporta d’horribles trophées, des chaînes que les mains de beaucoupd’innoccnts peut-être, avaient usées, des machines dont personne ne put deviner l’usage, un vieux corselet de fer qui* paraissait inventé pour retenir un homme par toutes les articulations du corps et le réduire à une immobilité éternelle... »

. Voir le Discours historique de Desaulx .)

Cette composition qui porte pour titre : ■ Délivrance de Monsieur le comte des Loges, prisonnier à la Bastille depuis trente-deux ans », fait partie de la suite assez nombreuse des estampes populaires, où l’on voit les patriotes, après avoir fait irruption dans l'intérieur de la forteresse, explorant, la torche et le sabre à la main, les épaisses ténèbres des corridors et des oubliettes, et découvrant à chaque pas de malheureux prisonniers ensevelis vivants, souvent depuis de longues années, dans la nuit froide et silencieuse du plus affreux des cachots. — Et la plupart de ces victimes des abominables lettres de cachet, se croyaient si irrémissiblemcnt condamnés à ne plus voir le jour que la brusque entrée de

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C.ettc petite estampe hollandaise ne porte aucune signature, mais cllejfut certainement exécutée peu de temps après les événements du 14 juillet, et sans doute par un artiste hollandais de passage il Paris et qui avait assisté lui-même au retour des vainqueurs de la Bastille, qu’il nous dépeint défilant triomphalement avec les drapeaux conquis et les prisonniers rendus à la liberté.

Le tambour des gardes fran¬

çaises ouvre la marche. Près de lui un blessé transporté ù bras, sur une civière.

Au fond on aperçoit la Bastille, dont il ne restera bientôt plus une pierre, et sur les murs de laquelle flotte le drapeau du vainqueur. Bientôt & ce cortège, d’un aspect si touchant, succède l’apparition tumultueuse de la foule escortant, jusqu’en place de Grève, avec des cris de mort, le gouverneur De Launay, dont la tête sera bientôt promenée sur une pique, à travers les rues de la ville.

Cette gravure appartient à la collection du Musée Carnavalet.

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