BENJAMIN FRANKLIN
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Le 17 avril 1700, Benjamin Franklin, un de' plus grands savants de l'histoire, un des plus nobles citoyens du monde, un des plus glorieux défenseurs de la liberté, mourait il Philadelphie. La nouvelle de cette mort produisit une profonde impression dans le monde entier, et surtout à Paris. Le 12 juin, Mirabeau monta ii la tribune de l'Assemblée nationale, et lit entendre ces belles paroles :
« Franklin est mort... Il est retourné au sein de la divinité, le génie qui alfran chit l’Amérique et versa sur l'Europe un torrent de lumière!... Le congrès a ordonné, dans l’étendue des quatorze cantons Confédérés, deux mois de deuil, et l'Amérique acquitte en ce moment le tribut de vénération et de reconnaissance pour un des pères de sa constitution.
« Ne serait-il pas digne à vous, messieurs, de vous unir à cet acte religieux, de participer en quelque sorte à cet hommage rendu à la face de l’univers, à l’homme qui a le plus contribué A assurer les droits de l’homme. L’antiquité eût élevé des autels à ce puissant génie, qui, au profit des mortels, embrassant dans sa pensée le ciel et la terre, sut dompter la foudre et les tyrans.
" La France éclairée et libre doit donner au moins un témoignage de regret
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et de souvenir à l'un des plus grands hommes qu’aient jamais servi la philosophie et la liberté. Je demande qu'il soit décrété que l'Assemblée nationale portera pendant trois jours le deuil de Benjamin Franklin. »
Et cette motion de Mirabeau fut adoptée par acclamation.
Lorsque Franklin vint A Paris en 177X, délégué par le gouvernement des Etaiil/nis pour conclure avec la France le fameux traité de commerce et d’amitié, qui équivalait À une déclaration de guerre à la Grande-Bretagne, il fut magnifiquement reçu dans toutes les classes de la société.
Voltaire, qui avait alors plus de quatrevingts ans, quitta sa retraite de Fcrncy pour venir serrer la main de l’illustre ambassadeur. A la séance, du 27 avril, de l'Académie des Sciences, Franklin et Voltaire étaient assis l'un près de l'autre, — au moment où leurs mains sc pressaient, le public leur cria de s'embrasser, — ils sc donnèrent l'accolade aux applaudissements des spectateurs. Et le lendemain, l'Europe entière apprenait que «Solon et Sophocle s'étaient embrassés.» Franklin « bine de. Mémoires dom il cùstc une traduction française, ci dont la lecture est du plus haut intérêt.
1IKNMUIN FIIANKLIS
Ne & Botion en 1706, mort i Philadelphie le 1; avril 1790.