DANTON
Au moment où (feinta In Révolution de 1789, Danton, âgé d'une trentaine d’années, venait d'acheter une charge d’avocat au Parlement de Paris Comme Marat, comme Camille Dcsmoulins,comme Legendre, comme Fréron, comme Fabre d'Églantinc, il fît partie du club des Cordeliers, qui joua un rôle si actif pendant la Révolution. Par son éloquence entraînante, Danton ne turda pas A conquérir une grande influence sur la foule. Il contribua puissamment au triomphe populaire du 10 août 1792, et peu de jours après, il était appelé au ministère de la Justice. Il était au pouvoir lors de la paix de Longu e et de Verdun, et de toute son énergie, il combattit, en conseil des ministres, la proposition de scs collègues girondins : Roland, Servière, Clavière, qui demandaient que le gouvernement tout entier se réfugiât dans le Midi Cette sorte de sauve-qui-peut répugnait à la nature audacieuse et intrépide de Danton.
Sa voix puissante calma les inquiétudes; sa brûlante parole enflamma les contre. On peut affirmer que ce fut la patriotique énergie de Danton, qui sauva la France et la Révolulion d'une ruine totale. Écoutez-lc hurler, du haut de la tribune, au milieu des acclamations de l'Assemblée. soulevée par son éloquence :
« ... Tout s’émeut, tout s’ébranle, tout brûle de combattre... Le tocsin d'alarme, c’est la charge sur les ennemi
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qu’on va sonner n’est point un signal de la patrie. Pour les vaincre, il nous
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taut de l'audace, encore de laudace, toujours de l'audace, et la France est sauvée! « Nommé dé pute de Paris h la Convention (il avait échoué à la Législative.
Danton se démit de ses fonctions de ministre de lu Justice, et siégea A la Montagne.
Bien qu’on ait souvent accusé Danton de cruauté, et que Prudhomme, Pelticr, Mm* Roland.
Roch, Marcandicr, Bertrand de Mallcvillc, La Fayette... le rendent même, dans leurs haineux pamphlets, en grande partie responsable des massacresde septembre, ce furent ses idées de clémence qui causèrent sa perte. Il prêcha la paix, alors que l'heure de désarmer n'était peutêtre pas encore venue. Il ne pouvait se consoler d’avoir contribué à la condamnation de Cloots et de Chaumcltc, et surtout A celle des Girondins. (Voir les Mémoires de Garat i. Il fut arrêté le 3t mars 1794. en même temps que Camille Desmoulins et Lacroix, les chefs du parti que l’on nomma alors la faction des Indulgents. Condamné A mort, il fut exécuté le 5 avril 1794.
Les paroles qu’il prononça au pied de l'échafaud sont demeurées célèbres. Comme Hérault de Séchclles se penchait vers lui pour l’embrasser, le bourreau les sépara brusquement : a Imbécile! s'écria Danton, tu n'empêcheras pas nos têtes baiser dans le panier. » Et, au moment de s’étendre sous le couperet, 1 l'exécuteur : » Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut lu peine. »
1 Pan*, le u Muté* C