MASSACRES DE SEPTEMBRE
Ainsi que l'atteste la lettre ci-contrc, ce portrait de Madame de I. imh.illi-, dont l’original a été donné tout récemment au Musée du Louvre, par M. George* Clémenccau, fut exécute par Gabriel, à la prison de In Force, pendant que l'infortunée princesse attendait son triste sort. C'c*t une petite merveille d’exécution déltcnte, et sans doute le document iconographique le plus précieux qui existe sur le personnage, dont le* trait* ont etc souvent reproduit*. La pince nous fait ici défaut pour nous étendre surle rôle historique de Madame de Lnmbolle.qui fut tout de dévouement naïf et u'rmlu à la Reine. Sa mort, bien inutile pour le triomphe de lu Révolution, et que des écrivain* royalistes, tclsque Pcliieret Mathieu de la Vnrenne ont cru devoir raconter pour le besoin de leur cause, avec un luxe de détails aussi invraisemblables que répugnants, est un de» épisodes les plus horribles de Celte tragique époque. Les ami* de lu Révolution ne trouveront inmnis de terme* assez violent* pour flétrir les miséroblc* egorgeur*. qui s'acharnèrent comme de» bête* fauve* sur le cadavre de cette malheureuse et inolfensivc princes»®
Portrait au crayon, |>sr Gabriel (Musée du Uutrr).
A M Georges Clemenceau
• Monsieur,
« Vous me demande* quelques renseignements sur le poittait
• de Madame de I.ambnllc que je vous ai vendu à la mort de moo
• pcrc. M Vignères, marchand d’estampes. Voici ce que je sais* ce sujet ; Gabriel a dessiné ce portrait quelques instants avant la mon
• de la princesse et j’ai souvent entendu raconter par mon pttf, .. qui le tenait de Gabriel lui-même, ce qui suit: se trouvant cnprc- ■ scncc de Madame de Lamballc, il la vit cacher dnnv «es cheirui i une lettre de Marie-Antoinette qu’elle venait de recevoir. L'idée
lui vint alors de reproduire ses traits, car peut-être que jamais une occasion pareille de la voir de si près ne se représentai.-.
• U cherche dans sa poche un crayon qui, malheureusement, vjii
• absent : il fouilla dan* tous les coins et finit enfin par trouver n» « petit bout de mine de plomb et de lu mie de pain. Il écrase lt mm,-
• de plomb, fait une estompe avec la mie de pain ; et, avec ce*
• simple» éléments, obtient le dessin que vous possède* En rrs- .. iront chez lui, il renforces quelques traits dans lâche» dure. Mon « pcrc fit graver plus tard ce portrait.
<• Agrée/, Monsieur, l'expression de mes sentiment- distingués.
» Améi.ir Delamark, née Vignirks.
* Parts, 30 mai ItCtS a
MASSACRE DE PRISONNIERS DE L'aDDAYB SAINT-GERMAIN. — D'après une estampe populaire de l'époque.
■ Douze commissaires, nommes par le peuple, sont installe* au guichet de la prison, et jugent les détenus d’apres le registre d'écrou et un jinterrogatoirc préalable; après quoi, ceux qui étaient reconnus criminels, étaient sur-le-champ mis à mort pur le peuple. •
massacres des 2, 3, 4, 5 et G septembre 1792 D’aprts un dessin do Saebarh Desfontaines, gravé par Dcrlhault.
SIÈGE DE LILLE
JIlèflE DE LILLE PAt» LES AUTRICHIENS. — D .(.rH an* cAu-furtr de l*p»jo».
Celle gravure est occompagnée de la légende explicative vivante dan» le style hyperbolique du temps : . l.c jeudi 4 octobre 1702. Chrittine d’Autriche, sœur de Marie-Antoinette, épouse du duc Albert de Saxc-Teschcn. gouvernante des Pays-Bas autrichiens, est venue visiter les travaux du siège, c'est h dire les forfaits de ses satellites. On .1 lait partir en sa présence une grande quantité de bombes Elle.i voulu avoir le cruel pl.imr c msttre elle-même le feu à un mortier. Monstre affreux! Honte de In nature' L'histoire ne transmettra qu'il regret à la postérité de semblables horreurs. Les tyrans ennemis croymen
que par cette conduite atroce. Lille serait réduite à se rendre. Mnis In constance admirable des citoyens et de la garnison en n fnit un peuple de héros. Cinq cents maisons ont etc brûlées, deux mille ont etc endommagées. Enfin après «voir vu tous leurs efforts inutiles, les brigands autrichiens ont etc forcés de lever le siège, le 1 s du même mois, laissant une partie de leur grosse artillerie qui fut démontée par la nôtre, reconnue supérieure dans cette guerre de la liberté contre ln tyrannie. » Cette eau-forte figure dans la Collection du Cabinet des Estampes.